29 septembre 2019

Back side/Dos à la mode

Le musée Bourdelle accueille l'exposition temporaire Back side, fashion from behind, présentée par le Palais Galliera.
Tout d'abord, je tiens à souligner le cadre exceptionnel de ce musée que j'ai découvert à cette occasion. Situé en plein Paris
au cœur du 15e arrondissement, il existe depuis 1992. C'est un véritable havre de paix doté d'un jardin reposant et ressourçant.
 
Ensuite, l'exposition mode traite de façon audacieuse d'un sujet original. C'est une photographie de Jean-Loup Sieff qui a donné naissance à l'affiche de l’exposition. Ce qui est en jeu c'est la perception du dos, zone du corps que nous ne pouvons pas voir ou difficilement avec un jeu de miroirs, au travers de silhouettes avec des décolletés et des fermetures travaillées : des dos-nus, des robes de cocktail, des sacs à dos, des tee-shirts à message dans le dos, des tatouages imposants recouvrant le dos... Il se dégage de ces créations vestimentaires une grande sensualité, de la séduction, le sillage et le mystère d'une femme. Voici 4 des modèles exposés :
Robe du soir courte, Yves Saint-Laurent, 1970-1971
 
 Robe du soir, Alaïa, 1983
 Robe trench-coat, jupe et ceinture, Jean-Paul Gaultier, 2011-2012
 
Robe du soir, Guy Laroche, 1972, qui fut portée par Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire. La réaction stupéfaite de Pierre Richard s'explique par le fait qu'il a découvert le dos de cette robe très échancré au moment du tournage !
 

Visitez également la collection permanente présentée dans les anciens ateliers de la collection Bourdelle. Antoine Bourdelle (1861-1929) était un sculpteur et peintre, influencé à ses débuts par Auguste Rodin. Le musée Bourdelle se définit comme un atelier musée. Cette collection fait le lien avec l’exposition temporaire avec l'agencement de quelques pièces qui font écho avec les statues.

Robe, Martine Sitbon, 1997-1998

J'ai été charmée par ce musée et par cette exposition très stylée, à admirer jusqu’au 17 novembre. 

15 septembre 2019

Deux moi


Deux moi, le dernier film de Cédric Klapisch, suit Mélanie (Ana Girardot) et Rémi (François Civil), deux parisiens trentenaires voisins, qui ne se connaissent pas et n'appartiennent pas à la même classe sociale : Mélanie est chercheuse dans un institut scientifique, Rémi cariste dans un entrepôt. Vont-ils finir par se rencontrer ? C'est l'objet de ce film. 
 
Deux moi a été écrit pour ces deux acteurs, après l'expérience réussie de la précédente collaboration sur Ce qui nous lie, film dans le milieu vinicole sorti en 2017, qui les réunissait à l'écran en tant que fratrie. Durant l'avant-première à laquelle j'ai assistée, Cédric Klapisch a formulé de jolis vœux pour ses deux acteurs en déclarant  : "Ils n'ont pas encore tourné leurs plus beaux rôles, ils n'en sont qu'au début de leur carrière". C'est attendrissant d'être témoin d'une telle relation de confiance et d'admiration réciproque entre réalisateur et acteurs.
Ana Girardot est solaire, elle illumine l'écran, malgré ses problèmes de cœur et familiaux. C'est une femme actuelle, avec ses contradictions personnelles, qui s'interroge sur ce qu'est une vraie rencontre, après l'échec de sa relation précédente.
La
façon naïve qu'a François Civil de réagir en écarquillant les yeux m'a séduite. C'est le 4e film dans lequel il est à l'affiche en 2019, après Le chant du loup, Celle que vous croyez et Mon inconnue. A chaque fois, il me convainc dans des styles différents.
Au fur et à mesure du film, Mélanie et Rémi
se frôlent, sans se voir. J'ai savouré cette pré-histoire, leurs points communs qui se dessinent à l'aube de leur rencontre inévitable et du début de leur relation.


Les deux psychothérapeutes qui suivent Mélanie et Rémi sont incarnés par Camille Cottin et François Berléand. Elle exerce en libéral, lui en hôpital public, traduisant encore une fois l’existence de deux mondes qui pourraient malgré tout se réunir. Ils prodiguent les mêmes conseils à leurs patients : ne pas envisager le pire et faire confiance à la vie. Les maximes de Camille Cottin sont souvent formulées de manière très drôle, tout en ayant du sens, par exemple "Pour que deux moi forment un nous, il faut que ces deux moi soient soit". 
L'épicier joué par Simon Abkarian crée du lien social dans le quartier et redonne le sourire aux citadins.
Eye Haïdara (découverte dans Le sens de la fête d'Eric Toledano et Olivier Nakache), collègue de Rémi au sein de l'open space déshumanisé, lui permet de renouer avec les relations sociales.
Je me suis délectée du caméo dont est coutumier le réalisateur et de la présence de Zinedine Soualem.

C'est tourné à Paris, la ville fétiche de Cédric Klapisch dans laquelle il vit. C'est un film actuel, qui explore la solitude dans les grandes villes et le paradoxe de l'isolation via les réseaux sociaux. A noter un joli clin d'oeil à Chacun cherche son chat.

La bande-originale, réalisée par les même collaborateurs de Klapisch depuis 20 ans, est très aboutie ; Histoire d'un amour de Dalida en fait partie.

Il y a souvent dans les films de Cédric Klapisch des moments oniriques, drôles et décalés. Dans ce film, il y en a deux : un cauchemar de Rémi dans l'entreprise robotisée à l'extrême et les dérives des applications de rencontres pour Mélanie... Jubilatoires, tout comme la scène avec Pierre Niney !
 
Chacun des films de Cédric Klapisch me réjouit, depuis Un air de famille en 1996 à la trilogie cosmopolite (L'auberge espagnole, Les poupées russes, Casse-tête chinois). Ça part et ça parle du réel. Il arrive à capter l'essence de la jeunesse urbaine. J'aime son ton particulier qui alterne entre vrais moments de comédie et comédie dramatique. Gros coup de cœur de cette rentrée ! 
 

1 septembre 2019

Once upon a time in Hollywood


Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino a été présenté au festival de Cannes 2019 en compétition officielle, sans y décrocher de prix.

En 1969, à Los Angeles
, Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), acteur sur le déclin de la série télé western Bounty law, fait équipe avec Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure cascade et assistant personnel. Rick habite sur les hauteurs d'Hollywood, à proximité de la demeure du couple formé par Sharon Tate (Margot Robbie) & Roman Polanski. Leurs destins finiront par se croiser...

Le duo Leonardo DiCaprio / Brad Pitt, réunis
pour la première fois à l'écran dans un long métrage, fonctionne très bien, notamment grâce à l'humour omniprésent. Par exemple, c'est jubilatoire quand le personnage de Leonardo DiCaprio rejoue une scène du film La grande évasion, dans le rôle emblématique de Steve McQueen. L'amour de Quentin Tarantino pour le 7e art transparait tout au long du film avec de nombreuses références cinématographiques. Quant à Brad Pitt, il n'a rien perdu de son sex-appeal, notamment dans la scène sur le toit où il répare l'antenne télé de Rick, presque 30 ans après son apparition dans Thelma et Louise.
 
Je n'ai pas trouvé le rôle de Margot Robbie très intéressant, voire transparent - seul son look m'a captivée - alors que c'est une actrice que j'ai beaucoup apprécié dans Moi, Tonya ou encore dans Le loup de Wall Street
qui l'a révélée, déjà avec Leonardo DiCaprio. Le personnage féminin qui se détache fortement pour moi est celui de Cat, incarné par Margaret Qualley. La fille d'Andie McDowell joue une hippie membre de la secte de Charles Manson. Sa manière de s'exprimer et de se mouvoir - en lien avec son passé de danseuse - est magnétique, originale et expressive. 

Ce réalisateur est fétichiste des pieds et cela se voit à l'image ! De nombreuses scènes ont un cadrage très bas pour les mettre en valeur, les pieds nus de Margot Robbie sont dévoilés lors d'une séance de cinéma et ceux de Margaret Qualley dans la voiture de Cliff.

Ce n'est pas le plus sanglant des films de Tarantino mais, bien entendu, il réserve quand même une scène dans laquelle l'hémoglobine coule à souhait ! La bande originale, encore une fois réussie, rythme l'action.

En 1969, Quentin Tarantino avait 6 ans. Les souvenirs de cette période qu'il affectionne particulièrement ont permis d'alimenter les costumes et les décors, comme les enseignes de cinéma et les affiches d'époque reproduites.

Tarantino a demandé au public du festival de Cannes de ne pas révéler la fin du film. Tout en respectant son vœu, je peux dire qu'il propose un dénouement alternatif à la réalité, annoncé dès le titre du film qui renvoie à l'univers du conte. Je m'attendais à autre chose, à une conclusion encore plus folle et déjantée de sa part.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas apprécié
autant l'un de ses films. Mon dernier coup de cœur remonte déjà à Kill Bill volumes 1 et 2 sortis en 2003 en 2004. Once upon a time in Hollywood dure plus de 2h30 et malgré tout je ne me suis jamais ennuyée. J'ai été happée par l'ambiance, les personnages et le scénario. Tarantino avait déclaré il y a quelques années qu'il ne réaliserait que 10 films dans sa carrière. Celui-ci étant déjà son 9e, il ne reste plus qu'à espérer qu'il reviendra sur cette annonce pour le plus grand plaisir des cinéphiles.
 

18 août 2019

Midsommar


Midsommar (littéralement la journée la plus longue au cœur de l'été) est un film du scénariste et réalisateur américain Ari Aster.
  
Dani (Florence Pugh) est déprimée après un drame personnel. Sa relation amoureuse avec Christian est compliquée et sur la fin. Il l'invite malgré tout à se joindre à lui et à son groupe d'amis pour se rendre à un festival en Suède, qui a lieu seulement tous les 90 ans, un festival très spécial et inquiétant...

Ce film, qui jouissait d'une bonne réputation parmi les sorties ciné estivales, m'a attirée dans les salles obscures. De la même manière que j'aime bien lire des polars l'été, j'aime parfois me faire peur avec des films d'épouvante et d'horreur. Quelle déception personnelle !
De prime abord, j'ai bien aimé l'ambiance qui s'installe au début du film : le pré-générique est intrigant et prometteur, une ambiance particulière s'en dégage annonçant le drame qui couve. La réalisation et les parti pris de mise en scène originaux m'ont plu. A l'arrivée des personnages dans la communauté suédoise, les décors et les costumes sont magnifiques et soignés.
Mais ensuite, que de longueurs ! Le film dure 2h27 et c'est interminable quand on s'ennuie dès la 45e minute, ce qui était mon cas, tout comme l’ensemble des spectateurs de la salle de cinéma qui ont (malheureusement) partagé cette séance avec moi.
C'est un film sans véritable scène horrifique : il y a une scène gore, fréquemment de la violence gratuite, et d'autres scènes que je qualifierai de ridicule, notamment les scènes de sexe qui ont déclenché de nombreux rires nerveux, ce qui n'était certainement pas l'effet escompté.

A mes yeux, l'un des rares aspects positifs - en plus de la réalisation et des décors - c'est l'actrice principale Florence Pugh. Elle sera bientôt Amy March dans la nouvelle adaptation de Little women par Greta Gerwig.

Je ne comprends pas les nombreuses critiques positives qui louent "un insaisissable thriller psychologique, d’une richesse thématique débordante" ou encore "une petite bombe dans le paysage formaté du cinéma d'horreur contemporain". Je suis vraiment passée à côté de ces aspects : j'ai souffert au cinéma pendant près de 2 heures et ce n'est pas lié à l'angoisse se dégageant du film !
 

28 juillet 2019

Yesterday


Yesterday de Danny Boyle est à la fois un film musical et une comédie/comédie romantique. Le scénario est signé Richard Curtis, qui est à l'origine de nombreuses comédies romantiques, parmi lesquelles Quatre mariages et un enterrement, Love actually et la saga des Bridget Jones.

Jack Malik (Himesh Patel) est un chanteur anglais qui galère, sur le point d'abandonner toute carrière artistique, malgré l'implication d'Ellie (Lily James), sa manager et amie depuis l'enfance. Après une brève coupure électricité mondiale, Jack se révèle être le seul à se souvenir de l’existence des Beatles. Il va alors s'approprier leurs chansons et connaître un succès fulgurant. Submergé par le syndrome de l'imposteur, il ne sait pas comment gérer cette réussite mondiale, tout en mentant à tous dont ses proches...

Ce pitch m'a fait penser a priori au film Jean-Philippe, sorti en 2005 et qui m'avait beaucoup plu, dans lequel Johnny Hallyday n'existait pas et Fabrice Luchini, son plus grand fan, essayait de convaincre Jean-Philippe Smet de (re)devenir cette star du rock. Mais, en pratique, le parallèle s'arrête là : ces deux films n'ont rien à voir.

Himesh Patel est convaincant dans son évolution et son interprétation personnelle des chansons de Beatles musclée et rageuse est réussie. Drôle de coïncidence : l'acteur Himesh Patel n'a aucun lien avec Dev Patel, révélé par Slumdog millionaire, succès planétaire en 2008 du même réalisateur. Tous deux sont nés dans la banlieue de Londres et ont débuté à la télévision anglaise.
Lily James, actrice britannique déjà remarquée entre autres dans la série Downtown abbey et dans Cendrillon de Kenneth Branagh, est éblouissante de naturel et de simplicité.
C'est drôle de voir Ed Sheeran, qui joue son propre rôle, s'incliner devant le talent de Jack et l'universalité de ses compositions.
Kate McKinnon, qui a débuté dans les late show américains, incarne une manager cupide trash et sans cœur.

La mise en scène est moderne, pop et s'avère être spectaculaire lors des scènes de concert.

A noter quelques private jokes savoureuses liées aux paroles des chansons des Beatles, par exemple quand Jack demande à Ellie si elle sera toujours là quand il aura 64 ans, référence au tube When I'm sixty-four.

J'ai toujours aimé les films de Danny Boyle pour leur originalité, qu'il soit ou non à l’origine du scénario, leur ancrage dans des sujets de société et leur rythme. Yesterday est un feel good movie parfait pour la période estivale, également très drôle via tous ses personnages et les situations désopilantes. Comme avec Rocketman, le récent biopic sur Elton John, on ne peut pas s'empêcher de fredonner les chansons entendues pendant la séance en sortant.

21 juillet 2019

Douleur et gloire


Douleur et gloire de Pedro Almodovar a été présenté au Festival de Cannes. C'est son 6e film en compétition officielle et le 21e de sa carrière.

Salvador Mallo (Antonio Banderas) est un réalisateur vieillissant, perclus de douleurs physiques le contraignant à rester chez lui, qui n'a pas tourné depuis longtemps. A l'occasion de la ressortie de son film Sabor, Salvador tente de renouer avec l'acteur principal Alberto, qu'il n'a pas revu depuis le tournage il y a plusieurs décennies. Des retrouvailles qui en amèneront d'autres...

Ce film est un retour aux sources pour Almodovar, un récit dans lequel s'entremêle fiction et réalité, au travers de l'exploration de thèmes qui lui sont chers : il opère un retour à l'enfance et à ses souvenirs. 

Après plusieurs films ensemble dans les années 1980-1990 (Femmes au bord de la crise de nerfs, Attache-moi !, La loi du désir...) et La piel que habito en 2011, Antonio Banderas retrouve la caméra de Pedro Almodovar, dans cette fresque avec des personnages masculins forts. Il a remporté le prix d'interprétation masculine pour ce rôle qui est le double du réalisateur : l'ombre de la silhouette sur l'affiche en atteste. Il y a des similitudes dans leurs attitudes, le choix des costumes et jusqu'à la décoration de l'appartement de Salvador.

Sa muse Penélope Cruz - avec qui il a travaillé dès 1997 pour En chair et en os, puis Tout sur ma mère, Volver, Étreintes brisées et Les amants passagers - incarne la figure maternelle du jeune Salvador, une mère dévouée et aimante, qui parvient à rendre chaleureuse leur maison troglodyte typique du sud de l'Espagne.

J'ai apprécié ce film, mais ce n'est pas mon opus préféré de ce réalisateur (j'aurais du mal à choisir entre Tout sur ma mère, Parle avec elle et Volver I). J'ai été un peu déçue par rapport à mes attentes très fortes au vu des critiques dithyrambiques, qui parlaient de chef-d’œuvre traduisant l'essence même de son cinéma et méritait la Palme d'or. Ce n'est pas mon avis, cela restera un bon moment cinématographique, mais pas inoubliable à mes yeux.
 

14 juillet 2019

Rocketman


Rocketman est le cinquième film de Dexter Fletcher, présenté hors compétition au Festival de Cannes. Sa prochaine réalisation devrait être le troisième volet des aventures de Sherlock Holmes, avec Robert Downey Jr et Jude Law.

Le film commence et se termine en rehab : Elton John se bat contre de nombreuses addictions (alcool, drogue, boulimie et achats compulsifs). Reginald Dwight - son pseudonyme vient des prénoms des membres de son premier groupe - grandit entre un père absent et sévère et une mère plus aimante mais malheureuse en couple. Il rêve de devenir compositeur et chanteur. On suit sa vie et sa carrière, depuis l'enfance dans la banlieue de Londres, jusqu'aux années 80 et le clip de la chanson I'm still standing, tourné sur la croisette de Cannes, qui célèbre sa victoire sur ses addictions.

Rocketman est à la fois un biopic et une comédie musicale, avec une mise en scène intégrant des passages oniriques et flamboyants. Les costumes à paillettes colorés, les chaussures et lunettes excentriques sont semblables en tout point aux originaux.

Taron Egerton, révélé par les films Kingsman, livre une interprétation épatante : il campe un Elton John saisissant et a été adoubé par la popstar. Il ne lui ressemble pas physiquement au départ, mais a capté son essence, à savoir son attitude et son exubérance. Il chante sans doublure vocale toutes les chansons du film.

Jamie Bell (inoubliable Billy Elliot) incarne Bernie Taupin, le parolier et complice d'Elton depuis leur rencontre à l'adolescence.

Le film, co-produit par Elton John et David Furnish (son compagnon de longue date), n'épargne pas son image. Elton John a déclaré que tout était vrai dans ce film... en tout cas, d'après ses souvenirs de l'époque !

On sort du cinéma en prolongeant le film en chantant ses chansons. Cela m'a donné envie de le voir en concert l'année prochaine pour sa dernière tournée mondiale. Un film réjouissant et dynamisant, malgré les passages plus sombres de sa descente aux enfers.

7 juillet 2019

Hammershøi, le maître de la peinture danoise


Le musée Jacquemart André consacre une rétrospective à Vilhelm Hammershøi (1864-1916). Ce maître de la peinture danoise, peu connu du grand public en France, fait partie du mouvement scandinave.

Toutes les facettes de son travail, datant de plusieurs périodes, sont représentées au travers de portraits, de nus, de paysages, et surtout d'intérieurs qui l'ont rendus célèbre. En effet, Hammershøi fascine par ses intérieurs de toute beauté, dont émane une atmosphère de plénitude et une lumière incroyable. Ses modèles sont ses proches : sa mère, sa sœur, son frère, son beau-frère et son épouse Ida, souvent présentés de dos.

Les œuvres exposées sont rares, certaines sont inédites en France. Elles proviennent de musées du Danemark et de Suède, du musée d'Orsay, de la Tate de Londres, et de collections particulières.

Une quarantaine de peintures envoutantes et poétiques sont exposées jusqu'au 22 juillet.

30 juin 2019

Parasite


Parasite, du réalisateur coréen Bong Joon Ho, est le lauréat de la Palme d'Or du dernier Festival de Cannes. C'est son 6e film, après Memories of murder, The host, Mother, Snowpiercer et Okja (disponible sur Netflix).

En Corée, une famille survit dans un appartement glauque en sous-sol. Un ami du fils l’informe qu'un poste de professeur particulier d'anglais se libère dans une famille riche. Petit à petit, toute la famille va réussir à s'infiltrer dans la demeure des riches. Commence alors un engrenage de mensonges de tromperie.
Dans la première moitié du film, la mécanique d'arnaques multiples se met en place. Leur emprise sur cette famille riche s'installe et s’accroît, chacun conquiert des postes stratégiques. Ensuite, dans la deuxième partie du film, un rebondissement dans l'intrigue permet de relancer l'histoire et change la donne...

 
La mise en scène est remarquable. Le film comprend des scènes inoubliables, des images qui surprennent ou qui restent incrustées dans la rétine.
En le regardant, on est sous tension, on se demande comment cela va finir. Comme le dit le père à ses enfants, "même si tu as un plan, la vie ne se déroule pas comme prévu". De nombreuses péripéties et rebondissements de l'intrigue viennent contrecarrer les plans initiaux.

C'est palpitant, étonnant, original et construit sur un scénario solide. Tous les personnages sont dépeints avec justesse. Cela faisait longtemps qu'une Palme d'or ne m'avait pas autant convaincue et surprise ! C'est une réussite de bout en bout, un film très rythmé, sans aucun temps mort. Ce drame social qui côtoie le thriller réussit le pari de dénoncer un système social, dans lequel les questions morales s’invitent dans la lutte des classes. Énorme coup de cœur !
 

23 juin 2019

Nous finirons ensemble


Huit ans après Les petits mouchoirs, succès au box office de l'année 2010, Guillaume Canet réunit de nouveau la bande du Cap Ferret.

Dans Nous finirons ensemble, on prend les mêmes et on recommence, ou plutôt on prend les mêmes et on poursuit l'aventure. Max (François Cluzet) n'a pas le moral à l'approche de son anniversaire. Sa bande de potes débarque dans sa maison de vacances pour lui faire une surprise, alors qu'ils ne se sont pas vus depuis plusieurs années et sont en froid. Chacun a évolué, a eu des enfants, s'est séparé ou a une nouvelle compagne. Qu'est-il de leurs liens d'amitié désormais ?
 
Même si c'est un film choral, les personnages principaux sont incarnés par François Cluzet, Marion Cotillard et Gilles Lellouche.
L'humour provient principalement du personnage de Laurent Lafitte, certaines scènes avec lui sont très drôles.

C'est un bon moment de cinéma, un film agréable et plaisant, une parenthèse ensoleillée qui sent bon les vacances. Ce film propose une belle réflexion sur l’amitié et son évolution, voire son érosion avec le temps. On passe du rire à l'émotion. Cet opus est plus concis que le précédent et peut-être moins ambitieux. Néanmoins, c'est un réel plaisir de retrouver tous ces acteurs et leurs personnages auxquels je m'étais attachée, tout comme des millions de français.

16 juin 2019

Kyan Khojandi


Révélé dans le programme court Bref en 2011, Kyan Khojandi revient sur scène avec le spectacle Une bonne soirée à l'Européen.

Dans la lignée de son précédent spectacle Pulsions, disponible en intégralité sur YouTube, il reprend l'usage de flashbacks et d'imbrication entre les thématiques et les histoires racontées. Ça part dans toutes les directions et au final tout se tient et finit par avoir du sens... même la réponse à la question finale : "pourquoi on a deux bras ?"

La première partie est assurée par Navo, son complice de Bref et co-auteur du spectacle.

C'est toujours aussi drôle et convaincant durant 1h40 de stand up très rythmé. La promesse du titre n'est pas galvaudée : j'ai passé une (très) bonne soirée !

9 juin 2019

Électro


La Philharmonie de Paris propose une exposition consacrée au courant Électro, de Kraftwerk à Daft Punk.

Cette expo, très vivante et dynamisante, est à vivre en groupe, pour l'apprécier dans une ambiance festive et ludique. Elle célèbre les musiques électroniques et la danse. On y apprend également de nombreux éléments sur l'histoire de cette musique, de la naissance de la techno à Detroit à son avènement et la popularisation de l'électro.

La bande-son, signée Laurent Garnier, en met plein les oreilles.

Le visiteur vit une expérience sonore et visuelle immersive avec des jeux de lumière, comme le montre ces vidéos tournées lors du vernissage :
  • la french touch de Daft Punk est mise à l'honneur dans une animation spectaculaire sur la chanson Technologic
 
  •   des illusions géométriques hypnotiques  


A voir pour ressortir reboosté jusqu'au 11 août.

26 mai 2019

El reino


El reino (le royaume en français) est un film espagnol de Rodrigo Sorogoyen, qui a tout raflé aux derniers Goya (l'équivalent de nos César) en remportant 7 statuettes : meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur second rôle masculin, meilleur scénario original, meilleure musique originale, meilleur son et meilleur montage.

Manuel López-Vidal est un homme politique influent dans sa région. Alors qu'il doit être prochainement promu, il se retrouve impliqué dans une affaire de corruption qui touche son parti. Il a quelques jours pour faire tomber avec lui d'autres hommes politiques, pour se sauver, quitte à trahir ses proches...

Ce polar au cœur du milieu politique est très prenant ! L'acteur principal Antonio de la Torre est incroyable. Présent dans tous les plans, il apporte énormément au film. On ressent de l'empathie pour lui alors même qu'il est véreux, un véritable tour de force !

C'est filmé sur le vif : la mise en scène est nerveuse, au plus près de l'action et sans aucun temps mort.

La musique électronique, qui rythme la progression de l'intrigue, traduit l'étau qui se resserre autour de Manuel.

Il y a peu de personnages féminins dans cet univers politique (ce qui traduit sa réalité). Les rares femmes retiennent l'attention, à l'image d'Inès la journaliste qui est ambitieuse et ne se laisse pas faire.

Conquise par ce thriller haletant, dans lequel manipulation et corruption sont au programme !