14 août 2026

Soudain

Soudain est un film de Ryusuke Hamaguchi, avec Virginie Efira et Tao Hokamoto.

Marie-Lou (Virginie Efira) dirige un EHPAD. Proche du burn out, elle fait la connaissance de Mari (Tao Hokamoto) lors d'une pièce de théâtre qu'elle a mise en scène. Débute alors une relation profonde et sincère entre elles deux, de manière évidente, entre réflexions sur le monde actuel et confidences personnelles...

Le titre complet en japonais est "Soudain mon état se dégrade" mais le terme "état" disposait de plusieurs sens une fois traduit, d'où le choix de ne conserver que "Soudain" comme titre.

Le metteur en scène s'est basé sur un livre d'échanges entre une anthropologue et une philosophe, d'où un film très dialogué, en français et en japonais.

Les deux actrices ont reçu le prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes, alors qu'elles ne jouent pas dans leur langue maternelle une partie du film.

L'EHPAD de Marie-Lou suit la philosophie de soins d'Humanitude qui repose sur le respect de la dignité du résident ; ses piliers sont le regard, la parole, le toucher et la verticalité. Le personnage de Mari comprend ces préceptes par son parcours, ayant fait des études de philosophie plus jeune. Le film a été tourné dans un véritable EHPAD. 

Ce qui est très touchant et singulier c'est la fluidité et la force de la relation entre Marie-Lou et Mari, portée par deux actrices convaincantes et sensibles. Leurs personnages étaient faits pour se rencontrer et ne plus se quitter. Face à la maladie et l'inéluctable, elles tentent de rendre possible l'impossible avec une grâce et une simplicité communicatives.

C'est un film délicat et sincère de 3h15 qui traite du déclin cognitif et de l'accompagnement des résidents en EHPAD ainsi que de la force des relations anciennes ou récentes comme ressources.

11 août 2026

De la Comédie-Française


De la Comédie-Française est une comédie de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, avec la troupe de la Comédie-Française, qui a été primée au festival de l'Alpe d'Huez.

La première mise en scène de Nina (Pauline Clément) se jouera dans trois heures. Mais rien ne se passe comme prévu sur ce Macbeth : comédienne absente, problèmes techniques et de costumes, etc. Les comédiens sur scène avec elle (Laurent Stocker, Marina Hands, Julien Frison, Adeline d'Hermy et Danièle Lebrun) vont tout faire pour sauver cette représentation au sein de cette institution qui a pour principe de jouer coûte que coûte...

C'est jubilatoire à de nombreuses reprises, notamment quand Benjamin Lavernhe incarne Molière, le régisseur Christian Hecq fait face aux aléas techniques, Guillaume Gallienne joue un agent d'accueil retors, Sephora Pondi campe une maquilleuse davantage habituée aux plateaux de télévision... 
Le compte à rebours qui se rapproche de l'heure de la représentation et l'accumulation d'embûches font sourire voire rire.

Au départ, un projet de série avait été envisagé.

J'aurais aimé que cela dure plus que 1h15 ! Mais je comprends les contraintes cinématographiques avec un tournage qui n'a pu durer que trois semaines et il vaut mieux un film court sans aucun temps mort que l'inverse.