13 mai 2018

Gustav Klimt


L'Atelier des Lumières est un nouveau lieu d’exposition à Paris, situé dans le 11e arrondissement. Ce bâtiment industriel (c'est une ancienne fonderie) est devenu le premier centre d'art numérique à Paris et propose 3 expositions diffusées en continu : 
  • La principale attraction - une animation d'une durée approximative de 45 minutes - nous plonge au cœur des œuvres de Gustav Klimt. Il était l'un des principaux précurseurs de la peinture moderne, avec un style inimitable et unique, et l'un des membres du groupe Sécession, qui rassemblait des artistes viennois, dont Egon Schiele.
  • Un programme court dédié à Friedensreich Hundertwasser, un artiste contemporain de Gustav Klimt, qui nous emmène sur les pas de la Sécession viennoise.
  •  Poetic AI, dans le studio, qui met en images l'intelligence artificielle.
Les murs et le sol de l'espèce principal sont habillés de lumières. La scénographie met en scène les peintures grâce à un jeu d'animations qui les transforme en vidéos qui s'enchaînent. Parfois toute la salle diffuse la même image, à d'autres moments il y a des jeux de perspective. La musique classique (Wagner, Beethoven, etc.) est synchronisée avec l'animation visuelle et accompagne de façon très agréable l'univers coloré qui prend forme sous nos yeux.

Une expérience immersive unique, originale et ludique, pour tous les publics.

11 mars 2018

Call me by your name


Call me by your name est un film de Luca Guadagnino, adapté du roman d'André Aciman, qui a décroché 4 nominations aux récents Oscars.

Eté 83, au nord de l'Italie, dans une grande maison familiale, Elio (Timothée Chalamet), adolescent de 17 ans, voit arriver Oliver (Armie Hammer) qui y résidera pour 6 semaines. C'est le nouvel assistant américain de son père qui est professeur. Elio, adolescent mature qui passe beaucoup de temps plongé dans ses livres et ne connaît pas selon ses propres mots l'essentiel de la vie, va être chamboulé par cette rencontre.

Timothée Chalamet est une immense révélation ! Nommé à l'Oscar du meilleur acteur - qui a été décerné à Gary Oldman - il est charismatique, photogénique, avec une façon unique de bouger et de prendre la lumière, dans une mise en scène qui valorise les décors et espaces naturels. Il s’exprime aussi bien en américain, en français, qu'en italien. Il m'a fait le même effet que Leonardo di Caprio dans ses premiers pas à l'écran. J'ai extrêmement envie et hâte de le découvrir dans Lady bird et dans des dizaines d'autres films ensuite car ce rôle augure le début d'une longue carrière.

Face à lui, Armie Hammer (révélé par le rôle de Cameron Winklevoss dans The social network) revisite le mythe de l'étranger séduisant. La scène éponyme les rassemblant est très réussie.
Esther Garel est Marzia, une amie de longue date d'Elio, avec qui il va également se rapprocher durant cet été. 
Amira Casar incarne une mère aimante, chaleureuse et intellectuelle. On devine qu'Elio tire son goût pour la culture de ses parents et de cet environnement familial dans lequel il a grandi.
Le rôle du père (Michael Stuhlbarg), plutôt discret dans le film, m'a émue aux larmes lors de son échange avec son fils à la fin du film, au sujet des moments qu'il faut oser vivre pleinement quand on a 17 ans, sans les regretter, même si de la peine en découle après. 

La musique et les habits des années 80 apporte de la gaité et de la légèreté pop.

Call me be your name est un très joli film sur les troubles d'un premier amour qui permet de révéler l'acteur Timothée Chalamet.

25 février 2018

Phantom thread


Phantom thread est un film de Paul Thomas Anderson, avec Daniel Day-Lewis.

A Londres, dans les années 50, Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis) dirige une maison de mode, avec l'aide précieuse de Cyril, son bras droit. Il habille de ses créations féminines des membres de familles royales ou des stars du cinéma, sa réputation ayant dépassé les frontières de l'Angleterre. Il fait la connaissance de la jeune Alma. Cette dernière va se rapprocher de Reynolds, célibataire endurci, et rentrer dans son intimité, cherchant une place au sein du duo déjà existant. Mais jusqu'où peut aller une femme amoureuse ?
 
La singularité de ce film provient tout d'abord de l'interprétation de Daniel Day-Lewis : il incarne un directeur de maison tiré à quatre épingles, exigeant envers lui-même et envers les autres. Le style semble plus important à ses yeux que ses éphémères partenaires féminines qu'il congédie sans émotion apparente, via Cyril. En tant que spectateur, on adore le détester, trouver ses petites manies insupportables et être offusqué par la façon dont il traite parfois Alma.
Daniel Day-Lewis a déjà reçu 3 fois l'Oscar du meilleur acteur pour Lincoln de Steven Spielberg, There will be blood du même réalisateur Paul Thomas Anderson et My left foot de Jim Sheridan. Ce rôle lui permettra-t-il de décrocher une nouvelle statuette ? C'est probable, mais Gary Oldman dans Les heures sombres pourrait l’emporter.

Le ton de ce film est particulier : le rythme est plutôt lent mais une tension s'installe dans la deuxième partie du film, alors que la place d'Alma s'accentue. Vicky Krieps, dans le rôle d'Alma, est d'abord simple spectatrice du duo en place : quand elle rougit au début, j'ai le sentiment qu’elle était intimidée non par le personnage de Reynolds mais par l'acteur lui-même ! Elle va ensuite vouloir préserver sa place à tout prix, une histoire d’amour singulière portée par un style inimitable : des décors magnifiques, une lumière particulière et la musique classique en fond sonore.
Lesley Manville incarne quant à elle Cyril, un bras droit qui semble sans cœur, un personnage secondaire qui ne manque pas de relief.

Un film aussi élégant que les costumes du film. A voir pour Daniel Day-Lewis et la jeune Vicky Krieps, une révélation face à cet acteur légendaire.

18 février 2018

3 billboards


3 billboards, Les Panneaux de la vengeance - titre original Three billboards outside Ebbing, Missouri - est un film de Martin McDonagh, à qui on doit déjà le polar singulier Bons baisers de Bruges en 2008 avec Colin Farrell.

Jessica Hayes, une adolescente résidant à Ebbing, a été violée et tuée. Elle a disparu sur une route peu fréquentée, à la sortie de la ville. Quelques mois après le drame, sa mère Mildred Hayes (Frances McDormand), décide d'acheter 3 panneaux publicitaires sur cette même route. Elle y interpelle la police via ces affiches et, en particulier, le capitaine Bill Willoughby (Woody Harrelson). Elle lui reproche une enquête au point mort et espère ainsi le faire réagir...

Ce point de départ original annonce un film inclassable, hors-catégorie, qui repose sur un scénario atypique. La seconde force du film c'est son casting incroyable et ses personnages forts :
- Frances McDormand incarne Mildred, une mère prête à tout et même à transgresser la loi pour retrouver les assassins de sa fille. Comme dans Fargo, elle est déroutante et inoubliable. Elle a reçu le Golden Globes de la meilleure actrice dans un drame pour ce rôle. Grande favorite des Oscars, elle est en compétition avec Sally Hawkins (La Forme de l'eau), Margot Robbie (Moi, Tonya), Saoirse Ronan (Lady Bird) et Meryl Streep (Pentagon Papers) ;
- Woody Harrelson, le chef de la police, rongé par un cancer fulgurant ;
- Sam Rockwell, méconnaissable en flic attardé et raciste, qui vit avec sa mère ;
- Lucas Hedges, le fils d'Angela, acteur révélé dans Manchester by the sea (drame réussi de 2017, au côté de Casey Affleck et Michelle Williams) ;
- Abbie Cornish, l'épouse capitaine Bill Willoughby, une actrice toujours aussi lumineuse ;
- Peter Dinklage (Game of thrones), dans un rôle secondaire très drôle. 

Le film est nommé 7 fois aux Oscars, notamment dans les prestigieuses catégories de meilleur film, meilleur scénario original, meilleur montage, et, ce qui est rare, 2 fois dans celle de meilleur acteur dans un second rôle masculin pour Woody Harrelson & Sam Rockwell, ma préférence allant au second. Réponse le 4 mars.

28 janvier 2018

Le grand jeu


Le grand jeu - Molly's game en version originale - porte le nom du livre éponyme de Molly Bloom qui a raconté comment elle s'est retrouvée à organiser des parties de poker clandestines.

Malgré une bande-annonce peu attractive, je suis allée voir ce film, tout d'abord, pour Aaron Sorkin, qui a adapté cette histoire vraie. C'est la première fois qu'il est scénariste & réalisateur. Il est réputé pour être un grand showrunner (on lui doit la série À la Maison Blanche) et scénariste pour le cinéma (on peut citer The social network de David Fincher, Steve Jobs de Danny Boyle et Le stratège avec Brad Pitt & Philip Seymour Hoffman), des films qui m'ont marqués. Ma seconde motivation était pour le rôle principal incarné par la flamboyante Jessica Chastain, qui fait souvent des choix de films audacieux.

Je n'ai pas regretté d'avoir suivi mon intuition. Contrairement aux autres films scénarisés par Aaron Sorkin, cette fois l'héroïne est féminine et... quelle femme ! Du haut de son 1,63 mètre, perchée sur des escarpins à talons aiguille Louboutin de 12 cm, Jessica Chastain en impose. Elle incarne une femme brillante, forte et honnête, qui a des convictions : ce qui la caractérise, c'est son intégrité. En effet, elle n'a jamais révélé l'identité des joueurs des parties de jeux clandestins qu'elle a organisées durant 8 années à Los Angeles (des acteurs célèbres d'Hollywood s’installaient à sa table) et 2 ans de plus à New York.

Les flashbacks sont pertinents et le montage nerveux, comme l'introduction qui retrace le passé de championne de ski acrobatique de Molly Bloom, alors membre de l'équipe olympique des États-Unis. J'ai retrouvé la verve et le rythme de The social network dans cette scène.

Le casting est de qualité : Kevin Costner joue le père de Molly, il était son entraîneur quand elle était adolescente. La jeune actrice qui joue Molly adolescente est convaincante et très ressemblante à son ainée. Idris Elba est l'avocat de Molly, celui qui la défend alors qu'elle a enfreint l'article 1955 du code pénal en montant son réseau de jeux clandestins.

J'y ai trouvé un air d'Erin Brokovitch dans la détermination du personnage, rôle qui a valu l'oscar à Julia Roberts, une autre actrice rousse célèbre. Jessica Chastain a, quant à elle, décroché une nomination aux Golden Globes dans la catégorie Meilleure actrice dans un drame, le prix ayant été décerné à Frances McDormand pour 3 Billboards.     

A l'époque de Time's Up et de la question de la place des femmes à Hollywood et, plus largement, dans l'univers cinématographique, cela fait du bien de voir un film d'un grand studio américain porté par une femme de bout en bout, aka Jessica Chastain. Et premier essai réussi pour Aaron Sorkin en tant que metteur en scène.

14 janvier 2018

Nos éducations sentimentales


La pièce Nos éducations sentimentales est jouée depuis jeudi au Théâtre 13, dans une mise en scène de Sophie Lecarpentier.

Frédéric
ambitionne de devenir un écrivain célèbre ou un peintre renommé. Il quitte sa Normandie natale et son ami d'enfance pour monter à Paris. Il rencontre Marie durant le trajet et tombe immédiatement sous son charme. Avec cette femme mariée, il va se découvrir des goûts littéraires en commun, de Marguerite Duras à Anton Tchekhov. Le spectateur va suivre Frédéric et son entourage, au travers d'histoires d'amour et d'amitié, de noces, de deuils, de célébrations, de désillusions, de rencontres manquées et de réussites célébrées.

La lumière et la scénographie sont inventives et réussies, par exemple, quand une piscine plus vraie que nature semble surgir !

Six comédiens sont sur scène et il y a un septième acteur d'importance : la voix off, le narrateur qui, à la façon d'un Antoine Doisnel, conte les aventures de ce héros romanesque, à la croisée de Gustave Flaubert & de François Truffaut, deux références assumées.

J'avais vu précédemment - en 2009 déjà ! - Le jour de l'italienne, dans ce même théâtre, jouée par cette même compagnie Eulalie. J'ai retrouvé une énergie similaire grâce à une fo
rte complicité entre les acteurs. Cette troupe soudée de comédiens sert l'histoire qui se déroule sur plusieurs décennies.

Plus de deux heures d'un spectacle dense et ambitieux qui relève le défi de proposer une sorte de version
théâtrale des films de La Nouvelle Vague, mais profondément ancrée dans la société actuelle. L'époque se matérialise sur scène par un poste de radio qui scande les actualités du moment, qu'elles soient politiques ou sociales. Une pièce ambitieuse, qui fait écho en nous et, en cela, nous touche intimement, jusqu'à l’interprétation de la chanson Le Tourbillon de la vie par la troupe.


Cette épopée contemporaine est à voir de toute urgence et jusqu’au 18 février, réservez ici !

7 janvier 2018

La promesse de l'aube


La promesse de l'aube est un film d'Éric Barbier, d'après l’œuvre de Romain Gary, avec Charlotte Gainsbourg & Pierre Niney.

Romain Kacew dit Romain Gary a grandi dans les années 30 auprès de sa mère (Charlotte Gainsbourg) en Pologne, puis à Nice. Depuis sa plus tendre enfance, elle lui répète qu'il sera ambassadeur en France. Elle lui a inculqué de grands principes, comme celui de se battre uniquement pour les trois raisons suivantes : les femmes, l'honneur et la France. Elle ira jusqu’à lui demander d'aller assassiner Hitler ! 

En 1934, il part faire ses études à Paris à la faculté de droit. Il sera ensuite pilote de guerre. Son premier roman L’éducation européenne paraîtra en 1945. Le romancier obtiendra deux Prix Goncourt, un exploit jamais renouvelé : le premier en 1956 pour Les racines du ciel, le second en 1975 sous le nom d'emprunt d'Émile Ajar pour La vie devant soi.

Trois acteurs incarnent successivement Romain Gary - enfant, adolescent, puis adulte (Pierre Niney). J'ai aimé les transitions quand on passe d'un acteur à l'autre. Le film propose également de beaux décors, en Afrique et en Angleterre pendant la guerre.

C'est un film épique, avec de l'humour, remarquable pour ses deux interprètes principaux. J'ai particulièrement aimé le jeu de Charlotte Gainsbourg, son accent, elle a été vieillie pour le rôle et porte des prothèses. Le film dresse le portrait d'une mère déterminée et envahissante mais aimante. Romain Gary veut honorer la promesse faite à sa mère. Le titre provient de cette citation du roman éponyme :Avec l'Amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est ensuite obligé de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances”.

22 décembre 2017

Daho l'aime pop !

 

J'ai été invitée au vernissage de l'exposition Daho l'aime pop ! à la Philharmonie de Paris. Selon Étienne Daho : "Cette exposition n'est pas un catalogue global de la pop française, mais relève d'un choix subjectif d'artistes : ceux qui ont nourri mon envie de devenir musicien, ceux dont la trajectoire croise la mienne, ou ceux encore sur lesquels je souhaitais mettre de la lumière."

Le parcours de visite se présente ainsi :
 
 
 
Étienne Daho accompagne chaque visiteur puisque c'est sa voix qui habille l'audioguide. Son ton calme et serein est reconnaissable dès les premiers mots prononcés. 


Les photographies de ses idoles, remarquablement mises en scène, sont regroupées en 4 périodes, présentées par code couleur : 
- de 1950 à 1969 en bleu,
- de 1970 à 1984 en vert,
- de 1985 à 1999 en rose,
- de 2000 à 2017 en rouge.

Un Vidéodrome montre les clips d'une trentaine de chansons, tandis qu'un Juke Box géant à la carte propose 299 titres. L'exposition ne comporte pas moins de 11 heures d'écoute musicale ! 

Dans le Daholab, l'espace final, on peut contempler des photographies - majoritairement en noir et blanc - prises par Étienne Daho. Elles présentent des chanteurs de la nouvelle scène française et des espoirs du cinéma  : Lescop, Lou Lesage, sa filleule Calypso Valois, La Femme, The Pirouettes, François & thé Atlas Mountains ... A noter le portrait en couleur de Lou Doillon. 

Une expo pop et réjouissante à voir jusqu'au 29 avril 2018. Il y a toujours l'exposition Barbara en parallèle, jusqu’au 28 janvier 2018.

9 décembre 2017

Et pendant ce temps Simone veille !


Et pendant ce temps Simone veille ! est une pièce réjouissante qui débute dans les années 60. Sont assises sur un banc Marcelle, Jeanne & France, elles-mêmes mères de famille. On va suivre l'évolution de ces trois femmes et leurs filles sur quatre générations, leur situation (en couple, célibataire), leurs droits, leurs espoirs... toujours avec beaucoup d'humour.

Simone, située sur le côté de la scène, joue le rôle de la caution historique : elle commente les situations qu'elles traversent, au travers d'anecdotes réelles et historiques, avec de nombreux jeux de mots. Par exemple, la Journée internationale de la femme, décrétée par l'ONU le 8 mars 1975, n'a été adoptée en France qu'en 1982, soit 7 ans plus tard ! Ou encore l'interdiction faite aux femmes de porter des jupes, abrogée par une récente loi en 2012 !

Les quatre comédiennes survoltées enchaînent les situations comiques, notamment lors de chansons parodiques qui viennent ponctuer le spectacle. Cette troupe 100 % féminine parvient à être extrêmement drôle tout en parlant d'un sujet sérieux.

Cette pièce d'1h20, pour tout public, est à voir au théâtre de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement. Une représentation spéciale le 16 décembre à 16h proposera, à l'issue de la pièce, une conversation avec l'association Femmes Solidaires.

1 novembre 2017

Balanchine, Teshigawara, Bausch


L'Opéra Garnier propose actuellement un trio de ballets : Agon de George Balanchine, Grand miroir de Saburo Teshigawara (qui est un nouveau spectacle) et Le Sacre du printemps de Pina​ Bausch.

Ce dernier ballet constitue le moment fort de la soirée. Cela commence dès l'entracte : la scène est minutieusement recouverte d'une couche de terre sur laquelle les danseurs vont évoluer, se livrant à une lutte aussi sauvage que poétique, jusqu’à l’épuisement.

Sur la musique d'Igor Stravinsky, Le Sacre du printemps se déroule en deux parties : « L’adoration de la terre » puis « Le sacrifice ». Le public assiste à un rite païen célébrant l’arrivée du printemps en Russie, au cours duquel une jeune adolescente est sacrifiée pour remercier les dieux.

La danseuse étoile Eleonora Abbagnato incarne l’élue, revêtant une robe rouge sang dans la deuxième partie. Elle danse ce ballet depuis son entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris en 1997. Elle a interprété le solo pour la première fois en 2002 et a pu à l’époque le répéter avec Pina Bausch. Leur rencontre l'a profondément marquée, tant du  point de vue artistique qu’humain. Un spectacle à voir pour les amoureux du ballet, sachant que c’est probablement la dernière fois qu'elle interprète ce rôle à l'âge de 40 ans.

29 octobre 2017

Au revoir là-haut



Au revoir là-haut est un film d'Albert Dupontel, adapté du livre éponyme de Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013. J'ai lu ce livre l'été 2016 : Il a marqué mes vacances, tout comme La vérité sur l'affaire Harry Québert, de Joël Dicker, roman dévoré à quelques jours d’intervalle, qui va lui aussi être adapté au cinéma.

Edouard Péricourt (Nahuel Perez Biscayart, acteur argentin qui crevait déjà l'écran dans 120 battements par minute, film maintenant en route pour les Oscars) et Albert Maillard (Albert Dupontel) sont deux soldats qui ont combattu dans les tranchées lors de la guerre de 14-18. L'épreuve des combats et la proximité avec la mort les ont rapprochées, sous le commandement du perfide lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte). Edouard est devenu une gueule cassée (le bas de son visage a été endommagé par une explosion). Leur amitié va connaître des péripéties nombreuses dans le Paris d'après guerre...

Cette adaptation est très réussie, on y retrouve :
- la dynamique du trio formé par Edouard, Albert et la jeune Louise, 
- le plan fou d'Edouard qui repose sur la qualité de ses croquis,
- les masques que portent Edouard pour cacher son visage estropié sont encore plus magnifiques que dans mon imagination de lectrice !

L'intrigue repose aussi sur des acteurs crédibles, évoluant dans des décors très réussis, parmi eux  le clan Péricourt : Niels Arestrup le père, Emilie Dequenne la sœur d'Edouard et Mélanie Thierry la domestique. Et Michel Vuillermoz est très drôle en inspecteur incorruptible !

Le scénario est signé Albert Dupontel, avec la collaboration de Pierre Lemaitre. La fin du film diffère de celle du livre mais l'essentiel de l’œuvre est bien là. J'ai apprécié que ce soit Albert Dupontel qui réalise cette adaptation car je trouve que sa fantaisie habituelle et l'originalité qui se dégage de ses précédents films conviennent parfaitement bien à l'univers du livre.

8 octobre 2017

Le sens de la fête


Le duo Eric Toledano & Olivier Nakache revient avec une nouvelle comédie Le sens de la fête, après Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables et Samba.

Max (Jean-Pierre Bacri) dirige depuis de nombreuses années une société événementielle qui organise des mariages et prend tout en charge : le traiteur, les compositions florales, le groupe de musique et les animations spécifiques. Alors qu'un mariage prestigieux se déroule dans le cadre d'un château, rien ne va se passer comme prévu. Il va falloir que Max et son  équipe improvisent et se coordonnent pour régler les nombreux problèmes qui vont survenir lors de cette longue soirée...

Cette comédie est très réussie grâce à son rythme : il n'y aucun temps mort. On suit le déroulement de la soirée, à différents moments clés, à chaque fois un nouvel élément de l'organisation dérape.
Tous les équipiers de Jean-Pierre Bacri ont des rôles bien identifiés et leur personnages sont bien construits. Parmi eux, Vincent Macaigne, joue un puriste de la langue française, en pleine déprime. Gilles Lellouche incarne le chanteur d'un orchestre qui doit s'adapter aux demandes d'un marié égocentrique (Benjamin Lavernhe de la Comédie française, excellent) et de ses invités. Jean-Paul Rouve est un photographe désormais peu estimé, accompagné de son stagiaire de 3e. Ajoutez au casting une chef de rang à cran, un novice et roi des gaffeurs (Alban Ivanov, qui emporte la salle de spectateurs de rires à chaque apparition), des extras non déclarés... et vous obtiendrez une fête bouleversée jusqu’au petit matin !

Jean-Pierre Bacri a aidé le duo de réalisateurs à finaliser l'écriture du scénario. Tout s'enchaîne dans ce film sans fausse note, contrairement à la réception. Le duo de Toledano Nakache revient à son meilleur niveau, 6 ans après intouchables

27 août 2017

Dunkerque

21 août 2017

Feminities


La Maison Chloé présente, depuis le 2 juillet, une exposition dans des splendides locaux du 8e arrondissement, à proximité de leur siège parisien. Elle réunit des photographies de Guy Bourdin, photographe de mode qui a le plus photographié la maison (pas moins de 97 fois) et des créations de Chloé, principalement de l'époque Karl Lagerfeld (qui y a travaillé 25 ans, en 2 périodes). La créatrice et fondatrice Gaby Aghion a voulu que Chloé soit en phase avec les femmes audacieuses et qui débordent de vie. 

Au rez-de-chaussée, on découvre une anthologie de A à Z : C comme "Chloé girls", F comme "Flowers", P comme "Phoebe Philo" et S pour "Stella Mc Cartney", deux directrices artistiques de Chloé, ainsi que des croquis de Karl Lagerfeld et les créations correspondantes.


Guy Bourdin commence sa collaboration avec Chloé avec une première photo en mai 1956 pour le Vogue : il compose sa photo en jouant avec les reliures du magazine. Des modèles féminins sont mis en scène dans la rue, dans leur quotidien, dans des photographies en mouvement, de façon décalée, humoristique et provocatrice parfois.

On peut fréquemment voir, à proximité d'une photographie de Guy Bourdin, ladite
robe ou mise en scène dans une alcôve.


Au 3e étage, la couleur rouge et spécifiquement le rouge sang prédomine. L'affiche de l'exposition, prise devant la prison de la Santé, traduit l'ironie du photographe.

Judith Clark, la commissaire de l'exposition, également scénographe, a réussi le pari de mettre en parallèle ces œuvres d'art, grâce à une mise en scène créative à astucieuse, qui évolue à chacun des étages de la visite.
Une exposition guidée gratuite d’une heure environ, sur réservation uniquement. Il y a peu ou pas de créneau disponible jusqu'au 6 septembre, mais profitez d'un désistement pour contempler cette exposition mode très réussie. Les visites s'interrompront pendant la période des défilés en septembre et reprendront du 18 octobre du 18 novembre.

  

13 août 2017

Song to song


Je suis allée voir Song to song de Terrence Malick pour son casting ce rêve réunissant 4 de mes acteurs préférés en tête d'affiche : Michael Fassbender, Ryan Gosling, Rooney Mara et Natalie Portman.
Song to Song c'est avant tout l'histoire d'amour entre Faye (Rooney Mara) et BV (Ryan Gosling), deux musiciens, au fil des scènes de concert de rock 'n roll, autour d'Austin, au Texas. Le titre du film provient d'une phrase prononcée par le personnage de Rooney Mara : "Je pensais que l’on pourrait vivre de chanson en chanson, de baiser en baiser". Cook (Michael Fassbender) est un producteur à succès avec qui ils collaborent. Rhonda (Natalie Portman) est une jolie serveuse qui va croiser la route de Cook...

Parmi les acteurs chanteurs présents, il y a
Lykke Li, Iggy Pop, Patti Smith, le groupe Red Hot Chili Peppers, ainsi que Val Kilmer que l'on aperçoit sur scène. A noter que Cate Blanchett fait également partie du casting, tout comme Holly Hunter et Bérénice Marlohe (ex James Bond girl très sensuelle).

Ce film est constitué
de flashbacks et d'histoires qui s'entremêlent, sur un rythme lent. C'est décousu et parfois très cru durant des scènes de sexe, avec le personnage de Michael Fassbender, qui est tel un lion, très animal, et qui semble être passé du côté obscur.
Ce qui sauve le film pour moi - au delà des acteurs - c'est la beauté des images, les plans sont d'un esthétisme rare. Il y a donc beaucoup de points communs entre ce film et The tree of life, l'un des précédents films de Terrence Malick sorti en 2011, Palme d'Or du festival de Cannes. C'est le même directeur de la photographie, Emmanuel Lubezki, qui officie. 

Les perruques de Rooney Mara lui permettent d'adopter des looks très différents, correspondant aux différentes périodes du récit. Song to song s'est tourné en seulement 40 jours, mais étalés sur une période de près de 2 ans. Le premier montage de Song to Song durait 8 heures, au final le film fait environ 2 heures.