29 août 2015

Nos futurs


Nos futurs est le cinquième film de Rémi Bezançon.
J'apprécie en général le travail de ce réalisateur, depuis Ma vie en l'air (qui m'avait permis de re-découvrir Gilles Lellouche en glandeur professionnel), Le premier jour du reste de ta vie (son plus grand succès à date), Un heureux événement avec le couple Louise Bourgoin/Pio Marmai.

Pio Marmai est son acteur fétiche. Nos futurs n'y fait pas exception.
On le retrouve au côté de Pierre Rochefort, le fils de Nicole Garcia et Jean Rochefort, qui avait déjà tourné dans Un beau dimanche sous la direction de sa mère avec Louise Bourgoin... la boucle est bouclée !

Le film raconte les retrouvailles de deux amis d'enfance, Thomas et Yann, aka Pio Marmia et Pierre Rochefort, alors que la vie les a éloignés. Ils décident d'organiser une grande soirée, comme à l'époque du lycée, avec les mêmes protagonistes. Ils reprennent alors contact avec eux...

Comme dans tous ses films, j'ai aimé le ton et l'humour qui s'en dégage. 

J'ai apprécié tous les acteurs dans des rôles secondaires, parfois sous-exploités : Mélanie Bernier, Laurence Arné, Camille Cottin, Kyan Khojandi, Roxane Mesquida et Zabou Breitman dans le rôle de la mère de Yann. Aurélie Wiik est également très drôle dans le rôle d'un séducteur qui a mal vieilli.

En revanche, j'ai eu beaucoup de mal avec la prestation de Pierre Rochefort : je trouve qu'à plusieurs reprises - et notamment lors de scènes émouvantes - il n'adopte pas le ton juste, sa diction et son phrasé sont très dérangeants.
Avant de se lancer au cinéma, Pierre Rochefort était chanteur. Ce n'est pas un acteur confirmé.
A mes yeux, il joue parfois faux, et c'est d'autant plus flagrant en comparaison avec Pio Marmai, qui est comme toujours très juste.
Bref, cela m'a un peu gâché le plaisir que j'ai éprouvé à suivre ce film qui reste plutôt réussi, malgré une fin bâclée.


4 août 2015

Amy


Amy est un documentaire très réussi consacré à Amy Winehouse qui a été présenté au dernier festival de Cannes en sélection officielle.

Le film est chronologique. Il commence alors qu'Amy a 16 ans environ et vient de sortir un EP. Elle dispose d'un début de notoriété qui se limite à Londres voire l'Angleterre. Elle est entourée d'amis, son manager étant l'uns d'eux.
Elle rencontre alors des labels de musique et grâce à des démos acoustiques pour défendre des textes qu'elle a écrit, elle parvient à être signée. On découvre la force de sa voix grave et l'écriture ciselée qu'elle possède déjà. Elle s'achète un appartement à Londres avec ce premier contrat et devient indépendante très tôt. 
Puis, vient la sortie du premier album Frank sorti en 2003 qui récolte de bonnes critiques et un certain succès.

Amy a ensuite du mal à trouver l'inspiration pour son second album. Elle sort dans les pubs londoniens et fait la connaissance une nuit de Blake Fielder, son futur copain.
Il va ensuite la tromper et Amy dévastée car follement amoureuse va être inspirée pour écrire.
Un grand moment du film est l'enregistrement de Back to Black, son second album, produit par Mark Ronson, tandis qu'elle enchaîne les whisky cocas (avec peu de coca).
Sans sa rupture avec Blake, on peut se dire qu'elle n'aurait jamais écrit ses tubes : Back to Black, Rehab, You know I'm no good...
Le succès est rapide et mondial.

Vient ensuite le retour de Blake et leur mariage (que personnellement j'avais oublié). Au fur et à mesure de sa descente aux enfers, le nombre de ses tatouages augmente. Blake lui fait connaître toutes les drogues : cocaïne, héroïne, crack... Ces addictions s'ajoutent à la boulimie dont Amy souffre depuis l'adolescence.
Blake est vraiment un poison pour Amy. La preuve, quand il vient la visiter en rehab et que le lendemain, on retrouve des traces de drogue dans son sang. Même quand elle essaie de s'en sortir, il l'entraîne vers le fond.
Son père a également une influence négative sur la chanteuse, comme quand il vient la voir à Sainte Lucie avec une équipe de caméramans alors qu'elle tente de se ressourcer.

Un des derniers moments émouvants du film est son duo jazzy avec M. Tony Bennett. On voit le degré d'exigence d'Amy envers elle-même et on assiste à une belle performance à deux voix. C'est quelques semaines avant son décès, le 23 juillet 2011, il y a 4 ans déjà.

C'est un film qui insiste sur le talent d'Amy Winehouse, au delà des frasques et de sa présence dans la rubrique scandale des tabloids. On prend conscience de son talent d'écriture et on réécoute sa voix avec plaisir.

1 août 2015

Jean-Paul Gaultier


L'exposition qui retrace les créations de Jean-Paul Gaultier au Grand Palais est une réussite ! L'affiche reprend une photographie de Pierre et Gilles intitulée La mode est éternelle.

L'exposition commence par une introduction et la salle L'Odyssée qui retrace l'évolution des modèles sirènes et de la marinière à l'aide de statues animées qui parlent grâce à des vidéos enregistrées : on a l'impression que Jean-Paul Gaultier et ses mannequins sont présents dans la pièce ! C'est très réussi et original.
On y retrouve les influences du créateur : le corset, la parisienne et le film Falbalas avec l'élégante Micheline Presle qui a tout déclenché.

Ensuite, la salle Punk Cancan montre l’influence de Londres, de son énergie et anticonformisme sur son travail. Un podium animé avec la voix off de Catherine Deneuve permet de voir défiler des silhouettes.

Les Muses sont ensuite mises en avant : ce sont parfois des beautés non classiques comme Beth Ditto la charismatique chanteuse de Gossip, ou encore Kylie Minogue, Mylène Farmer et Madonna lors du Blond Ambition Tour de 1990 et les soutien-gorges coniques roses poudrés et noirs qu'elle portait lors de cette tournée.
A l'étage, le Salon permet de revoir confortablement dans des fauteuils à roulettes des vidéos des concerts de ses chanteuses.

L'érotisme et la nudité sont présents dans l'espace A fleur de peau Classé X avec des mises en scène en cabine telles des peep show et de très belles photos de mode.

Métropolis montre toutes les collaborations de Jean-Paul Gaultier avec la télévision : Eurotrash avec Antoine de Caunes, une apparition dans la série Absolutely Fabulous et dans les Simpson, ainsi que des des costumes et des réflexions sur les personnages pour le cinéma : Le cinquième élément de Luc Besson, Kika et La piel que habito de Pedro Almodovar, La cité des enfants perdus de Jean-Pierre Jeunet...

Enfin, la Jungle urbaine propose des robes léopards avec des perles brodées, des tenues camouflages travaillées et des combinaisons ethniques.

Derniers jours pour vous plonger dans l’univers de ce créateur chouchou des français  puisque l'exposition se termine le 3 août. Attention, il y a beaucoup de monde quel que soit le créneau horaire de visite choisi.

29 juillet 2015

Open Space



Open Space est une pièce de théâtre originale qui repose sur... l'absence de dialogues !
La pièce raconte les aventures professionnelles de 6 collègues, 3 hommes et 3 femmes, dans leur bureau en open space.

J'ai vu cette pièce au théâtre de Paris. La grande scène permet d'accueillir l’ensemble des bureaux, la machine à café, le fumoir et l'ascenseur.


La mise en scène est signée de Mathilda May. Il faut être inventif pour rendre cette thématique intéressante et agréable à suivre pendant 1h30.
Il y a certains passages très réussis. Par exemple, quand les acteurs se déplacent au ralenti, c'est très drôle. De la même façon, certains bruitages sont ajoutés : quand la brune plantureuse se déplace avec ses chaussures à talons rouges, chaque pas est ponctué d'une sonorité très grave et intense. Ou encore quand les téléphones sonnent et qu'ils répondent par des phrases qui ressemblent à des jingles musicaux.
Le problème, justement, c'est la répétition de ces passages réussis : au bout du quatrième ralenti, on a compris le principe et on ne rit plus (du tout). Idem avec le sonneries téléphoniques.
Bref, j'aurais aimé assister à une version écourtée de cette pièce en 1 heure seulement. Cela m'aurait évité de m'ennuyer et aurait conservé son charme orginal et originel.

26 juillet 2015

Victoria




Victoria est un film remarquable pour la performance technique quasi unique qu'il constitue dans l'Histoire du cinéma : le film de 2h14 n'est constitué que d'un seul plan séquence !
Cet exploit est l’œuvre d'un réalisateur allemand Sebastien Schipper qui a réussi en 3 tentatives à filmer cette histoire. Il y a eu quelques improvisations dans les dialogues mais la trame était écrite.
En tant que spectateur, c'est impressionnant de voir comment les mouvements de caméra ont été pensés en amont pour s'effectuer de façon fluide.

Le film commence à la sortie d'une discothèque à 4 heures du matin. Victoria, une jeune espagnole, qui habite Berlin depuis peu, rencontre un groupe de berlinois et accepte de les suivre dans leurs virées nocturnes.
On se doute au fur et et à mesure de l'histoire que la nuit risque de mal finir, au petit matin vers 6h15...

Ce film a remporté de nombreux prix, dont le Grand Prix au festival du Film policier de Beaune.
Il permet de se familiariser avec la ville de Berlin qui joue un rôle majeur dans ce film, en tant que décor nocturne.
Les acteurs sont convaincants, Laia Costa en tête qui interprète Victoria. 

A voir pour la performance de mise en scène, mais également en tant que polar très réussi.

9 juillet 2015

Mad Max Fury Road


Mad Max Fury Road a été présenté au dernier festival de Cannes hors compétition.

Ce n'est pas le genre de films que je vais voir d'habitude au cinéma mais là, le résultat est bluffant, spécialement en version 3D : le rendu est impressionnant, le film est non stop 2 heures durant, le pré-générique donne le ton !
Ce film est fascinant pour le rythme de ses scènes d'action et leurs mises en scène. Il y a peu de dialogue.

Les couleurs sont sensationnelles : la terre ocre surgit telle un personnage à part entière, tandis qu'une scène de nuit avec des filtres bleus et gris renvoie vers un autre univers plus glacial. Les paysages tout comme les effets spéciaux sont spectaculaires.

Il y a un vrai univers qui se dégage de ce film. George Miller est le réalisateur des précédents Mad Max.
Tom Hardy
prend la relève avec brio de Mel Gibson et Charlize Theron est très convaincante en impératrice Furiosa.
Les personnages secondaires sont très forts visuellement avec leur looks et costumes très travaillés, à l'instar de Nicholas Hoult, le décharné et mort vivant "Nux", ou la "Splendid" Rosie Huntington.

21 juin 2015

Icônes américaines


Le Grand Palais propose jusqu'à demain l’exposition Icônes américaines qui présente les chefs-d’œuvre du Musée d'Art Moderne de San Francisco (actuellement en travaux) et la collection particulière Fisher, les richissimes fondateurs de l'enseigne Gap.

C'est l'occasion d'admirer des mobiles d'Alexander Calder, des créations pop de Roy Lichtenstein, des tableaux d'Andy Warhol et notamment celui qui constitue l'affiche : Liz (Elizabeth Taylor) colorisée par ses soins. 
On peut également voir des créations de Cy Twonbly, Richard Diebenkorn, Donald Judd... parmi les 14 artistes exposés.

En revanche, l'exposition est très réduite et limitée en nombre d’œuvres exposées. La visite se fait en moins de 30 minutes, c'est un peu décevant. 

7 juin 2015

Alex Lutz


Alex Lutz joue ce spectacle depuis de nombreux mois.


Ce one-man show commence par l'incarnation d'un acteur porno, ce qui détend tout de suite l'atmosphère. Puis, il fait le récit de castings passés plutôt ratés. Il revisite ensuite l'Histoire de France, nous explique à sa façon d'où vient le nom du quartier Montparnasse, les batailles avec les Huns... et c'est réussi !


Pendant 1h45, son one-man show, jamais vulgaire ni méchant, alterne les imitations, les mises en situation, dans le magnifique cadre du théâtre du Châtelet.
Il sait s'entourer de choristes et de danseuses de ballets pour certaines chorégraphies.

Mon sketch préféré est celui où, à la manière d'un journaliste annonçant les titres d'un journal télévisé, il enchaîne les informations absurdes. Le travail sur la voix et les intonations est remarquable et les textes, sans queue ni tête, sont très drôles.

Son rappel est à la fois épique et hippique, tout en conservant une mise en scène minimaliste avec peu d'accessoire.

C'est un comédien de théâtre, de publicité, de one man show, de cinéma (acteur et réalisateur depuis peu) et de télévision avec le rôle de Catherine dans Catherine et Liliane dans le Petit Journal.

Ce petit blond, comme il se désigne lui-même, imite parfaitement l'accent allemand de Karl Lagerfeld. Cela m'a rappelé son rôle de fils de nazi dans OSS 117.

J'ai bien aimé ce psectacle vu il y a quelques semaines déjà. J'ai passé un bon moment, mais il ne m'a pas laissé cependant pas un souvenir impérissable.

10 mai 2015

Hip-Hop, du Bronx aux rues Arabes


Je me suis rendue au vernissage de l’exposition Hip-Hop, du Bronx aux rue Arabes à l'Institut du Monde Arabe. Le directeur artistique de l'exposition est Akhenaton, le charismatique leader du groupe IAM.


La première salle, qui vue du dessus forme un terrain de basket, nous plonge tout de suite dans l'ambiance de exposition avec ses murs couverts de vinyls aux couleurs fluos, supports privilégiés des DJs.
A l'image de cet espace, la scénographie de l'exposition est ludique, colorée et participative.

Ensuite, 3 écrans géants placés côte à côte nous présentent des vidéos de  scratch avec des démos explicatives : comment faire des "cuts" pour découper le son, créer des samples, des "loops" (boucles)...

Cette exposition insiste également sur la mode liée à ce courant artistique : les "sneakers" (baskets) aux lacets extra larges, les "name plates" dorés ou argentés à la manière des ceintures de boxeurs. Le Hip-Hop s'affirme dans des codes vestimentaires assumés.

Le rap est né dans la rue et se caractérise par sa liberté de ton. Il s'inscrit souvent dans des mouvements de résistance et les mots sont alors des armes.

On peut également découvrir des vidéos de danseurs qui mixent classique et Hip-Hop. Ils donnent l'impression de voler, en dansant sur les pointes, et ouvrent des passerelles entre différentes danses. Les breakdancers sont à la recherche du mouvement parfait.

Né dans le Bronx, à la fin des 70', ce grand mouvement de créativité et d'émancipation est devenu le langage de la jeunesse. Il prend différentes formes : Hip-Hop, rap, breakdance, graffiti.
L'exposition présente également sur la scène arabe. 

3 mai 2015

Le songe d'une nuit d'été


Le songe d'une nuit d'été, de William Shakespeare, se joue en ce moment à la Comédie française.

Hermia aime Lysandre mais son père n'approuve pas cette union. Il lui préfère Démétrius qu'Héléna chérit mais la réciproque n'est pas vraie.
C'est une histoire d'amours, de fées et d'elfes présents dans la forêt, de sorts jetés et d'une tragédie jouée pour les noces du Duc.

Dans la magnifique salle Richelieu, datant de 1680, le spectacle débute dans la salle : les comédiens arrivent et se placent dans l'orchestre et aux balcons, à proximité immédiate des spectateurs. Michel Vuillermoz, éminent sociétaire de la Comédie française qui incarne le Duc, prend la parole et capte l'attention depuis les fauteuils d'orchestre. Le début est audacieux et augure du reste.

C'est une adaptation moderne, originale et loufoque.
Des passages de chant et de danse sont dignes de ballets classiques, modernes ou proches parfois du haka néo zélandais !
Les costumes des comédiens sont réussis, que ce soit des corsets en satin pour les jeunes femmes et des fourrures telles des tenues d'hommes des cavernes pour les elfes.
Les décors et la mise en scène de Muriel Mayette semblent minimalistes mais se révèlent ingénieux au fur et à mesure de la pièce.

La mise en abyme avec la pièce tragi-comique finale est hilarante, avant que les comédiens ne se retrouvent parmi le public pour la conclusion, comme au commencement de la pièce.
La troupe compte 20 comédiens qui nous proposent un spectacle de qualité durant 2h15 sans entracte que l'on ne voit pas passer. 

15 avril 2015

The Voices


The Voices est un OVNI signé Marjane Satrapi !

Ryan Reynolds y incarne Jerry, un trentenaire qui semble un peu attardé et travaille comme manutentionnaire dans sa combinaison rose au sein de l’entreprise de mobiliers de salle de bain Milton's.
Il vit avec son chien Bosco et son chat Mister Whiskers au dessus d'un bowling désaffecté de façon solitaire... quoiqu'il n'est pas seul dans sa tête ! Jerry a en effet un secret de taille : ses animaux lui parlent. Il entend leur voix et discute avec eux d'un unique sujet à savoir la canalisation de l'envie de meurtre de Jerry.

Il est entouré de personnages féminins : sa psychothérapeute (on découvrira son historique familial au cours du film), la bombe de la compta Fiona (la plantureuse britannique Gemma Arterton) et une autre collègue de chez Milton's - plus en retrait au début du film - incarnée par Anna Kendrick.

Le film est très original. La schizophrénie de Jerry est traité de façon très particulière : les scènes alternent entre comédie, comédie romantique, drame et gore. Le sentiments contradictoires se succèdent.
Certaines scènes sont cultes, comme quand Jerry est au restaurant chinois pendant que ses collègues féminines s’éclatent au karaoké, ou encore les discussions entre les têtes coupées dans le frigo... Les effets spéciaux sont très réussis !

Ce film a reçu le Prix du Jury et le Prix du Public au dernier Festival du film fantastique de Gérardmer.
A voir donc avec l'esprit ouvert et étant prêt à être surpris.

Nota bene : je pense que c'est la première fois que je vois Ryan Reynolds dans un rôle et dans un film intéressants.

16 mars 2015

Birdman


Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance) est le grand gagnant des derniers Oscars. Il a remporté 4 prix parmi les plus prestigieux : Oscar du Meilleur film, Oscar du Meilleur réalisateur, Oscar du Meilleur scénario original et Oscar de la Meilleure photographie.
Alejandro González Iñárritu en est le réalisateur, après des films remarqués comme Biùtiful, Babel et 21 grammes.

Ce film donne un rôle d'envergure à Mickael Keaton, que l'on avait un peu perdu de vue depuis qu'il avait incarné Batman (en 1989 et 1992 - déjà).

Il joue le rôle de Riggan Thomson, l'ex acteur des films de super héros Birdman, qui veut regagner l'estime des critiques et du public en se produisant sur les planches. Il répète à Broadway la pièce What we talk about when we talk about love. On assiste aux derniers filages la veille de la première, alors que rien ne semble prêt pour ce rendez-vous avec les spectateurs et les journalistes.
L'ironie du film c'est que Michael Keaton, ex Bruce Wayne, incarne l'ex Birdman. La fiction rejoint la réalité, il y a une double lecture à son rôle.

La réalisation est phénoménale : Iñárritu multiplie les plans séquences de plusieurs minutes, impliquant plusieurs acteurs. Il propose également des portraits en très gros plan ou joue avec les réflexions des personnages dans les miroirs. C'est magnifique de maîtrise tout en servant l'intrigue.

D'autre part, le film comporte une part de fantastique, on se situe entre rêve et réalité, folie et imaginaire. Le scénario, quoique linéaire, est bien construit. Et le film ne manque pas d'humour et d'originalité.

Emma Stone joue sa fille et son assistante personnelle. Avec ses yeux démesurément grands, comme exorbités, elle est une junkie qui sort de rehab, tatouée et blonde platine, qui cherche sa place auprès d'un père jadis célèbre.

Edward Norton est flamboyant. Il joue l'autre rôle masculin de la pièce, un acteur de théâtre reconnu et en vogue, avec un égo démesuré. Les scènes d''affrontement entre Michael Keaton et lui sont dantesques !
 
Naomi Watts (déjà dans 21 grammes) incarne l'une des comédiennes de la pièce, un second rôle mais essentiel au film. Elle y est très juste.

Zach Galifianakis est surprenant dans un rôle tout en retenue de producteur de pièce de théâtre.

Les Oscars gagnés sont tellement mérités à mes yeux.
J'en aurai également donné aux acteurs mais la concurrence était rude cette année, aussi bien pour les premiers que seconds rôles.

5 mars 2015

Timbuktu


Timbuktu est le grand gagnant des César 2015 ! Il a remporté 7 César : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure musique, Meilleur son et Meilleure photographie.
Il a également été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film étranger - représentant donc la Mauritanie pour la première fois à cette cérémonie - mais c'est Ida, le film polonais, qui a gagné.

Abderrahmane Sissako est le réalisateur de Timbuktu, connu notamment pour le film Bamako sorti en 2006.
Le film raconte la vie dans un village, sous le joug des islamistes, qui font irruption au milieu des campements et des troupeaux de bêtes.

Plusieurs scènes du film comportent des traductions des échanges et font appel à des interprètes : cela met en avant le grand nombre de dialectes et les échanges complexes entre différentes tribus.

Le film comporte des scènes très dures : je retiens notamment des lapidations ou des femmes mariées de force.
Le film insiste sur l'absence de liberté et le ridicule de certaines lois mises en place par les fanatiques islamistes : une femme est obligée de porter des gants pour cacher ses mains qui sont jugées indécentes alors qu'elle vend du poisson sur le marché et a besoin d'avoir ses mains nues pour travailler.

Certaines scènes très fortes et marquantes sont réservées à un public averti : par exemple, une femme est condamnée parce qu'elle a chanté chez elle avec des amis alors que c'est interdit. Elle est fouettée en place publique mais se met à chanter, les larmes coulant le long de ses joues. C'est la scène qui m'a le plus touchée. Visuellement et émotionnellement, c'est très fort et riche de sens sur la privation des droits individuels et comment se sentir toujours libre malgré les fanatismes.

Il y a beaucoup de poésie face aux lois de la police islamique. Je retiendrai également la scène dans laquelle des enfants jouent au football sans ballon, mimant les passes et les buts, c'est fort symboliquement.

Le film prend son temps, il suit un rythme particulier.

C'est un film essentiel dans la mesure où, dans cette époque marquée par le fanatisme de certains extrémistes, il met en lumière les choix de vie pour préserver ses libertés individuelles, même sous la dictature.
Il comporte de très beaux plans, par exemple des plans nocturnes de toute beauté ou encore des silhouettes évoluant sur les dunes. Le César de la meilleure photographie trouve tout son sens.
En revanche, je n'aurai pas donné tous ces César à ce film, notamment le prix du Meilleur montage n'est pas vraiment justifié à mon avis.

25 février 2015

Imitation Game


Imitation Game est un film de Morten Tyldum. C'est son 5ème film, mais le premier que je vois.
Benedict Cumberbatch y incarne Alan Turing, un mathématicien de génie, qui a pour mission de décoder Enigma, la machine allemande qui crypte les communications des allemands durant la seconde guerre mondiale.
Il va devoir se battre non contre les allemands mais contre le temps, puisque tous les jours, le système de codage change.
Il intègre les services secrets du gouvernement britannique dans les années 40.

Il est quelque peu misanthrope et arrogant, il se croit supérieur à ses collègues, ce qui ne va pas favoriser le travail d'équipe. Il pense pouvoir résoudre la situation seul mais avec l'aide d'une machine qu'il a conçue.

Keira Knightley est Joan Clarke, la seule femme de la bande. Elle est comme toujours impeccable et illumine l'écran dès qu'elle apparaît dans la scène de recrutement des mots croisés. J'ai beaucoup aimé également, une des scènes finales face à Benedict Cumberbatch, je la trouve émouvante et juste.

Le charmant Matthew Goode (A Single Man, Stoker), qui ne tourne pas assez à mon goût, fait partie du castings des agents britanniques.
 
Le montage alterne 3 périodes : adolescence d'Alan, années de guerre et années 50. C'est intéressant.
Cela compense le scénario assez classique : existence d'un problème, tentatives de résolution sans succès et réussite grâce à un élément extérieur.

Les informations finales sont éclairantes : Alan Turing a permis d'écourter la guerre de 3 années et a permis de sauver la vie de 14 millions de personnes. Ce pan de l'Histoire est fascinant.

Alan Turing est à l'origine du premier ordinateur. C'est lui qui aurait inspiré le logo de la marque Apple à Steve Jobs. 

La musique est signée Alexandre Desplat, encore nommé aux Oscars cette année. Mais il a reçu un Oscar il y a quelques jours pour un autre film pour lequel il avait signé la musique : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

19 février 2015

The Theory of Everything



The Theory of Everything (traduit en français par Une merveilleuse histoire du temps - sic) relate la vie de Stephen Hawking et de sa femme Jane.
C'est un film de James Marsh qui vient de décrocher le BAFTA du meilleur film britannique de l'année.

Le film s'attache aux destins des deux héros. Stephen est étudiant à Cambridge en physique dans les années 1960 quand il rencontre Jane, étudiante en art, et tombe immédiatement amoureux d'elle. Très rapidement après leur rencontre, Stephen va découvrir qu'il est atteint d'une dystrophie neuromusculaire (ou maladie de Charcot) : on ne lui donne que 2 ans à vivre. Le film raconte son combat, en parallèle de ses recherches et ses publications (qui visent à chercher une cause unique à la création de l'univers) et leur histoire d'amour, caractérisée par le courage de Jane et son soutien sans faille. Il va travailler sur la notion du Temps alors qu'il en manque terriblement...

Le film est agréable mais souffre de quelques longueurs à mon avis. Il est assez classique comme biopic car linéaire. Il est cependant poétique et intéressant dans son contenu.
Il est remarquable pour les interprétations des deux rôles principaux : Eddie Redmayne tout d'abord. Il est incroyable dans la peau de Stephen Hawking. Personnellement, je l'avais repéré dans le film My week with Marylin avec Michelle Williams incarnant la blonde incendiaire. Il vient de remporter le BAFTA et le Golden Globes du meilleur acteur. C'est mérité. Il est en lice pour l'Oscar et sera en concurrence avec Steve Carell (Foxcatcher), Bradley Cooper (American Sniper), Benedict Cumberbatch (Imitation Game - que je chroniquerai prochainement) et Michael Keaton (Birdman - qui sort la semaine prochaine en France). La compétition est relevée !
Quant à Felicity Jones, plutôt abonnée aux seconds rôles, elle est absolument charmante dans ce film. Elle décroche cette année une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice aux côtés de Julianne Moore (Still Alice) - donnée favorite, Marion Cotillard (Deux jours à tuer), Reese Witherspoon (Wild) et Rosamund Pike (Gone Girl). Palmarès le 22 février...

8 février 2015

Madame Foresti (... le 100ème article du blog !)


J'ai eu la chance d'aller voir le dernier spectacle de Florence Foresti en janvier au Zénith.
C'est la première fois que je la voyais en live, après avoir regardé ses précédents spectacles (Florence Foresti fait des sketches à la Cigale, Mother Fucker et Foresti Party) à la TV ou en DVD.

Florence Foresti a 40 ans. Elle s'est mise au yoga, a acheté un caddie à roulettes pour faire ses courses. Elle se situe au milieu de sa vie... si tout va bien ! Sa définition du bonheur : une pizza, un ciné et de l'amour. Elle n'a pas encore 50 ans qu'elle définit comme "l'adolescence avec une carte bleue".

Sont abordés en vrac avec humour des sujets variés : la Grèce dans une introduction très réussie, l'invention du métro, le nom donné aux rues des villes, les animaux de la savane, la machine à bière, la mode, le physique, la presse féminine, la ménopause, les personnes égoïstes, les mamans et papas d'école, les mamans de garçons, son chien, etc.

Elle fait quelques imitations : Vanessa Paradis dans son rôle de muse et Arlettie pour clore le spectacle et justifier son titre. 

Le spectacle dure 1h30 non stop. Son fil conducteur est les femmes.

Autant j'avais été un peu déçue par le spectacle Sans tambour de Gad Elmaleh vu il y a quelques mois, autant j'ai apprécié celui-ci : j'ai retrouvé le ton et le rythme de son premier spectacle que j'avais trouvé tellement drôle.

Elle sera au Palais des Sports en juin. Je vous conseille vivement de réserver vos places (s'il en reste) pour passer une bonne soirée.
 

1 février 2015

Jeff Koons au Centre Pompidou


Le Centre Pompidou propose une rétrospective consacrée à Jeff Koons jusqu'au 27 avril 2015. 

On a tous entendu parlé de la vente chez Christie's en 2013 du Balloon Dog (Orange) qui a établi un nouveau record mondial pour un artiste vivant.

Personnellement, je n'avais jamais vu ses œuvres en vrai. Vu sa notoriété et sa côte mondiale, j'avais une idée a priori sur son travail. 
J'étais ravie de voir ses œuvres de près : elle sont souvent spectaculaires.
J'ai parfois été déçue par certaines séries (comme les créations gonflables), mais j'ai également eu de bonnes surprises comme la toile Tulips que j'ai adorée, aussi bien par son association de couleurs et sa technique (huile) que sa taille imposante. 

 
Tulips
 
L’exposition commence par la série des Inflatables, des structures gonflables, puis par des appareils électroménagers : des aspirateurs présentés de façon design.

Inflatables

Il y a également des publicités qu'il a créées, à proximité d'objets en inox, comme ce train miniature :


Ensuite, c'est la série Equilibrium avec des ballons de basket-ball immergés et figés dans des structures en verre.

Des pièces spectaculaires sont ensuite exposées :

Hanging Heart - série Celebration & Balloon Dog (Magenta)


Moon (Light blue) & Girafe - série Easyfun (cristal miroir)

 
Balloon Venus (Orange) & Gazing Ball (Ariane) - série Antiquity

On trouve également des séries gonflables qui sont déroutantes par rapport à leur côte actuelle sur le marché de l'art...

Structures gonflables : Hulk & Lobster

18 janvier 2015

Whiplash


Whiplash est le nom d'un morceau de musique de jazz.

Le film raconte le parcours d'Andrew Neyman (Milles Teller), étudiant en première année en tant que batteur au sein du prestigieux conservatoire Sheffer de Manhattan. Il a pour icônes des artistes comme Charlie Parker et Buddy King.
Il va intégrer le jazz band de Terence Fletcher (J.K. Simmons), un professeur redouté, perfectionniste et tyrannique.

Andrew va s’entrainer de façon acharnée pour être sélectionné parmi les batteurs de l'école qui la représentent aux concours, jusqu'à avoir littéralement les mains en sang.

Son humeur et niveau d'estime va faire les montagnes russes, de la non-estime de soi à l’arrogance, selon les remarques et réactions très fluctuantes de Terence Fletcher, qui n'hésite pas par exemple à lui jeter à la figure des instruments de musique pour marquer son mécontentement s'il n'est pas exactement en rythme.
 
Pendant le film, la musique jazz est omniprésente, on ne peut s'empêcher de battre la mesure sur les morceaux Whiplash ou Caravan.

Après environ une heure de film (qui en compte 1h47), on change de rythme. C'est intéressant et cela permet de renouveler l'intrigue.

Le réalisateur Damien Chazelle, qui est aussi le scénariste du film, souhaitait au travers de ce film "montrer la musique comme quelque chose de physique" ... c'est réussi !

Les deux acteurs principaux sont excellents. Le film a déjà obtenu des prix (Grand Prix & Prix du Public au Festival de Deauville, idem à Sundance), c'est totalement mérité.
Il est en lice pour les prochains oscars : il a été nommé dans la catégorie Meilleur Film et Meilleur Second Rôle pour J.K. Simmons qui a obtenu cette semaine le Golden Globe du Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Il est vraiment excellent dans ce rôle d'un professeur et musicien exigeant et impulsif.

10 janvier 2015

expo Paris Magnum


L’exposition gratuite Paris Magnum est présentée à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 28 mars, du lundi au samedi.

L'agence Magnum a été fondée en 1947 par 4 photographes : Henri Cartier Bresson, Robert Capa, George Rodger et David "Chin" Seymour. L'agence était initialement à Paris et New York, elle est aujourd'hui à Londres et Tokyo. Elle est caractérisée par une coopérative d'actionnaires photographes et la revendication des droits d'auteur comme propriété exclusive des photographes. Aujourd'hui, elle compte 80 photographes dont 60 membres et accorde autant d’intérêt à la chose vue qu'à la façon de voir.

L'exposition nous présente une collection de photographies noir et blanc pour la plus grande majorité, représentant comme son nom l'indique Paris, de 1932 à 2014.
Il y a donc une grande variété de photographes, de Robert Capa à Elliott Erwitt en passant par Raymond Depardon ou encore Martin Parr.
On y découvre des photos de manifestations, de troquets, de grèves, ... des situations très variées.

C'est donc une exposition que je conseille. Il faut simplement s'armer de patience - souvent dans le froid - avant de pénétrer dans la salle Saint Jean de l'Hôtel de Ville. Personnellement, j'ai attendu quasiment une heure sur le parvis, un jour de semaine pendant les vacances de Noël.

30 décembre 2014

La famille Bélier



La famille Bélier est une comédie d'Eric Lartigau, réalisateur connu notamment pour le film Prête-moi ta main avec Alain Chabat & Charlotte Gainsbourg.

Le film raconte le parcours de Paula (Louane Emera) qui est lycéenne et se découvre une jolie voix lors de la chorale de l'école. Elle est la seule non sourde au sein de sa famille : ses parents sont joués par François Damiens et Karine Viard (qui ont appris la langue des signes pour ces rôles, tout comme Louane) ainsi que son petit frère (jeune acteur qui est réellement sourd). 

Eric Elmosnino incarne le professeur de musique. Son personnage tout en nonchalance est vraiment drôle et surprenant par ses répliques très directes et son choix exclusif de chansons en provenance du répertoire de Michel Sardou.

Louane, révélée dans l'émission musicale The Voice, joue à merveille l’adolescente qui évolue et grandit au travers de son expérience, notamment musicale. La dernière scène est vraiment très émouvante grâce à l'intensité de sa voix et l'émotion qu'elle parvient à transmettre. Elle a d'ailleurs été prénommée aux prochains César.

Une des affiches du film parle d' "un film à la Billly Elliot". J'aime beaucoup cette comédie anglaise de Stephen Daldry avec Jamie Bell. Je dirai que la comparaison n'est pas galvaudée, même si Billy Elliot est quasiment uniquement centré autour du personnage principal, alors que dans la Famille Bélier, la famille de Paula est très présente et cela contribue d'ailleurs au fait que le film soit réussi. On suit avec plaisir les parents et le frère tout au long du film, en parallèle de l'évolution de Paula. Beaucoup de scènes très drôles proviennent des parents et du fils, tandis que le personnage de Paula joue plus sur la corde sensible du spectateur.