15 avril 2015

The Voices


The Voices est un OVNI signé Marjane Satrapi !

Ryan Reynolds y incarne Jerry, un trentenaire qui semble un peu attardé et travaille comme manutentionnaire dans sa combinaison rose au sein de l’entreprise de mobiliers de salle de bain Milton's.
Il vit avec son chien Bosco et son chat Mister Whiskers au dessus d'un bowling désaffecté de façon solitaire... quoiqu'il n'est pas seul dans sa tête ! Jerry a en effet un secret de taille : ses animaux lui parlent. Il entend leur voix et discute avec eux d'un unique sujet à savoir la canalisation de l'envie de meurtre de Jerry.

Il est entouré de personnages féminins : sa psychothérapeute (on découvrira son historique familial au cours du film), la bombe de la compta Fiona (la plantureuse britannique Gemma Arterton) et une autre collègue de chez Milton's - plus en retrait au début du film - incarnée par Anna Kendrick.

Le film est très original. La schizophrénie de Jerry est traité de façon très particulière : les scènes alternent entre comédie, comédie romantique, drame et gore. Le sentiments contradictoires se succèdent.
Certaines scènes sont cultes, comme quand Jerry est au restaurant chinois pendant que ses collègues féminines s’éclatent au karaoké, ou encore les discussions entre les têtes coupées dans le frigo... Les effets spéciaux sont très réussis !

Ce film a reçu le Prix du Jury et le Prix du Public au dernier Festival du film fantastique de Gérardmer.
A voir donc avec l'esprit ouvert et étant prêt à être surpris.

Nota bene : je pense que c'est la première fois que je vois Ryan Reynolds dans un rôle et dans un film intéressants.

16 mars 2015

Birdman


Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance) est le grand gagnant des derniers Oscars. Il a remporté 4 prix parmi les plus prestigieux : Oscar du Meilleur film, Oscar du Meilleur réalisateur, Oscar du Meilleur scénario original et Oscar de la Meilleure photographie.
Alejandro González Iñárritu en est le réalisateur, après des films remarqués comme Biùtiful, Babel et 21 grammes.

Ce film donne un rôle d'envergure à Mickael Keaton, que l'on avait un peu perdu de vue depuis qu'il avait incarné Batman (en 1989 et 1992 - déjà).

Il joue le rôle de Riggan Thomson, l'ex acteur des films de super héros Birdman, qui veut regagner l'estime des critiques et du public en se produisant sur les planches. Il répète à Broadway la pièce What we talk about when we talk about love. On assiste aux derniers filages la veille de la première, alors que rien ne semble prêt pour ce rendez-vous avec les spectateurs et les journalistes.
L'ironie du film c'est que Michael Keaton, ex Bruce Wayne, incarne l'ex Birdman. La fiction rejoint la réalité, il y a une double lecture à son rôle.

La réalisation est phénoménale : Iñárritu multiplie les plans séquences de plusieurs minutes, impliquant plusieurs acteurs. Il propose également des portraits en très gros plan ou joue avec les réflexions des personnages dans les miroirs. C'est magnifique de maîtrise tout en servant l'intrigue.

D'autre part, le film comporte une part de fantastique, on se situe entre rêve et réalité, folie et imaginaire. Le scénario, quoique linéaire, est bien construit. Et le film ne manque pas d'humour et d'originalité.

Emma Stone joue sa fille et son assistante personnelle. Avec ses yeux démesurément grands, comme exorbités, elle est une junkie qui sort de rehab, tatouée et blonde platine, qui cherche sa place auprès d'un père jadis célèbre.

Edward Norton est flamboyant. Il joue l'autre rôle masculin de la pièce, un acteur de théâtre reconnu et en vogue, avec un égo démesuré. Les scènes d''affrontement entre Michael Keaton et lui sont dantesques !
 
Naomi Watts (déjà dans 21 grammes) incarne l'une des comédiennes de la pièce, un second rôle mais essentiel au film. Elle y est très juste.

Zach Galifianakis est surprenant dans un rôle tout en retenue de producteur de pièce de théâtre.

Les Oscars gagnés sont tellement mérités à mes yeux.
J'en aurai également donné aux acteurs mais la concurrence était rude cette année, aussi bien pour les premiers que seconds rôles.

5 mars 2015

Timbuktu


Timbuktu est le grand gagnant des César 2015 ! Il a remporté 7 César : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure musique, Meilleur son et Meilleure photographie.
Il a également été nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film étranger - représentant donc la Mauritanie pour la première fois à cette cérémonie - mais c'est Ida, le film polonais, qui a gagné.

Abderrahmane Sissako est le réalisateur de Timbuktu, connu notamment pour le film Bamako sorti en 2006.
Le film raconte la vie dans un village, sous le joug des islamistes, qui font irruption au milieu des campements et des troupeaux de bêtes.

Plusieurs scènes du film comportent des traductions des échanges et font appel à des interprètes : cela met en avant le grand nombre de dialectes et les échanges complexes entre différentes tribus.

Le film comporte des scènes très dures : je retiens notamment des lapidations ou des femmes mariées de force.
Le film insiste sur l'absence de liberté et le ridicule de certaines lois mises en place par les fanatiques islamistes : une femme est obligée de porter des gants pour cacher ses mains qui sont jugées indécentes alors qu'elle vend du poisson sur le marché et a besoin d'avoir ses mains nues pour travailler.

Certaines scènes très fortes et marquantes sont réservées à un public averti : par exemple, une femme est condamnée parce qu'elle a chanté chez elle avec des amis alors que c'est interdit. Elle est fouettée en place publique mais se met à chanter, les larmes coulant le long de ses joues. C'est la scène qui m'a le plus touchée. Visuellement et émotionnellement, c'est très fort et riche de sens sur la privation des droits individuels et comment se sentir toujours libre malgré les fanatismes.

Il y a beaucoup de poésie face aux lois de la police islamique. Je retiendrai également la scène dans laquelle des enfants jouent au football sans ballon, mimant les passes et les buts, c'est fort symboliquement.

Le film prend son temps, il suit un rythme particulier.

C'est un film essentiel dans la mesure où, dans cette époque marquée par le fanatisme de certains extrémistes, il met en lumière les choix de vie pour préserver ses libertés individuelles, même sous la dictature.
Il comporte de très beaux plans, par exemple des plans nocturnes de toute beauté ou encore des silhouettes évoluant sur les dunes. Le César de la meilleure photographie trouve tout son sens.
En revanche, je n'aurai pas donné tous ces César à ce film, notamment le prix du Meilleur montage n'est pas vraiment justifié à mon avis.

25 février 2015

Imitation Game


Imitation Game est un film de Morten Tyldum. C'est son 5ème film, mais le premier que je vois.
Benedict Cumberbatch y incarne Alan Turing, un mathématicien de génie, qui a pour mission de décoder Enigma, la machine allemande qui crypte les communications des allemands durant la seconde guerre mondiale.
Il va devoir se battre non contre les allemands mais contre le temps, puisque tous les jours, le système de codage change.
Il intègre les services secrets du gouvernement britannique dans les années 40.

Il est quelque peu misanthrope et arrogant, il se croit supérieur à ses collègues, ce qui ne va pas favoriser le travail d'équipe. Il pense pouvoir résoudre la situation seul mais avec l'aide d'une machine qu'il a conçue.

Keira Knightley est Joan Clarke, la seule femme de la bande. Elle est comme toujours impeccable et illumine l'écran dès qu'elle apparaît dans la scène de recrutement des mots croisés. J'ai beaucoup aimé également, une des scènes finales face à Benedict Cumberbatch, je la trouve émouvante et juste.

Le charmant Matthew Goode (A Single Man, Stoker), qui ne tourne pas assez à mon goût, fait partie du castings des agents britanniques.
 
Le montage alterne 3 périodes : adolescence d'Alan, années de guerre et années 50. C'est intéressant.
Cela compense le scénario assez classique : existence d'un problème, tentatives de résolution sans succès et réussite grâce à un élément extérieur.

Les informations finales sont éclairantes : Alan Turing a permis d'écourter la guerre de 3 années et a permis de sauver la vie de 14 millions de personnes. Ce pan de l'Histoire est fascinant.

Alan Turing est à l'origine du premier ordinateur. C'est lui qui aurait inspiré le logo de la marque Apple à Steve Jobs. 

La musique est signée Alexandre Desplat, encore nommé aux Oscars cette année. Mais il a reçu un Oscar il y a quelques jours pour un autre film pour lequel il avait signé la musique : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

19 février 2015

The Theory of Everything



The Theory of Everything (traduit en français par Une merveilleuse histoire du temps - sic) relate la vie de Stephen Hawking et de sa femme Jane.
C'est un film de James Marsh qui vient de décrocher le BAFTA du meilleur film britannique de l'année.

Le film s'attache aux destins des deux héros. Stephen est étudiant à Cambridge en physique dans les années 1960 quand il rencontre Jane, étudiante en art, et tombe immédiatement amoureux d'elle. Très rapidement après leur rencontre, Stephen va découvrir qu'il est atteint d'une dystrophie neuromusculaire (ou maladie de Charcot) : on ne lui donne que 2 ans à vivre. Le film raconte son combat, en parallèle de ses recherches et ses publications (qui visent à chercher une cause unique à la création de l'univers) et leur histoire d'amour, caractérisée par le courage de Jane et son soutien sans faille. Il va travailler sur la notion du Temps alors qu'il en manque terriblement...

Le film est agréable mais souffre de quelques longueurs à mon avis. Il est assez classique comme biopic car linéaire. Il est cependant poétique et intéressant dans son contenu.
Il est remarquable pour les interprétations des deux rôles principaux : Eddie Redmayne tout d'abord. Il est incroyable dans la peau de Stephen Hawking. Personnellement, je l'avais repéré dans le film My week with Marylin avec Michelle Williams incarnant la blonde incendiaire. Il vient de remporter le BAFTA et le Golden Globes du meilleur acteur. C'est mérité. Il est en lice pour l'Oscar et sera en concurrence avec Steve Carell (Foxcatcher), Bradley Cooper (American Sniper), Benedict Cumberbatch (Imitation Game - que je chroniquerai prochainement) et Michael Keaton (Birdman - qui sort la semaine prochaine en France). La compétition est relevée !
Quant à Felicity Jones, plutôt abonnée aux seconds rôles, elle est absolument charmante dans ce film. Elle décroche cette année une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice aux côtés de Julianne Moore (Still Alice) - donnée favorite, Marion Cotillard (Deux jours à tuer), Reese Witherspoon (Wild) et Rosamund Pike (Gone Girl). Palmarès le 22 février...

8 février 2015

Madame Foresti (... le 100ème article du blog !)


J'ai eu la chance d'aller voir le dernier spectacle de Florence Foresti en janvier au Zénith.
C'est la première fois que je la voyais en live, après avoir regardé ses précédents spectacles (Florence Foresti fait des sketches à la Cigale, Mother Fucker et Foresti Party) à la TV ou en DVD.

Florence Foresti a 40 ans. Elle s'est mise au yoga, a acheté un caddie à roulettes pour faire ses courses. Elle se situe au milieu de sa vie... si tout va bien ! Sa définition du bonheur : une pizza, un ciné et de l'amour. Elle n'a pas encore 50 ans qu'elle définit comme "l'adolescence avec une carte bleue".

Sont abordés en vrac avec humour des sujets variés : la Grèce dans une introduction très réussie, l'invention du métro, le nom donné aux rues des villes, les animaux de la savane, la machine à bière, la mode, le physique, la presse féminine, la ménopause, les personnes égoïstes, les mamans et papas d'école, les mamans de garçons, son chien, etc.

Elle fait quelques imitations : Vanessa Paradis dans son rôle de muse et Arlettie pour clore le spectacle et justifier son titre. 

Le spectacle dure 1h30 non stop. Son fil conducteur est les femmes.

Autant j'avais été un peu déçue par le spectacle Sans tambour de Gad Elmaleh vu il y a quelques mois, autant j'ai apprécié celui-ci : j'ai retrouvé le ton et le rythme de son premier spectacle que j'avais trouvé tellement drôle.

Elle sera au Palais des Sports en juin. Je vous conseille vivement de réserver vos places (s'il en reste) pour passer une bonne soirée.
 

1 février 2015

Jeff Koons au Centre Pompidou


Le Centre Pompidou propose une rétrospective consacrée à Jeff Koons jusqu'au 27 avril 2015. 

On a tous entendu parlé de la vente chez Christie's en 2013 du Balloon Dog (Orange) qui a établi un nouveau record mondial pour un artiste vivant.

Personnellement, je n'avais jamais vu ses œuvres en vrai. Vu sa notoriété et sa côte mondiale, j'avais une idée a priori sur son travail. 
J'étais ravie de voir ses œuvres de près : elle sont souvent spectaculaires.
J'ai parfois été déçue par certaines séries (comme les créations gonflables), mais j'ai également eu de bonnes surprises comme la toile Tulips que j'ai adorée, aussi bien par son association de couleurs et sa technique (huile) que sa taille imposante. 

 
Tulips
 
L’exposition commence par la série des Inflatables, des structures gonflables, puis par des appareils électroménagers : des aspirateurs présentés de façon design.

Inflatables

Il y a également des publicités qu'il a créées, à proximité d'objets en inox, comme ce train miniature :


Ensuite, c'est la série Equilibrium avec des ballons de basket-ball immergés et figés dans des structures en verre.

Des pièces spectaculaires sont ensuite exposées :

Hanging Heart - série Celebration & Balloon Dog (Magenta)


Moon (Light blue) & Girafe - série Easyfun (cristal miroir)

 
Balloon Venus (Orange) & Gazing Ball (Ariane) - série Antiquity

On trouve également des séries gonflables qui sont déroutantes par rapport à leur côte actuelle sur le marché de l'art...

Structures gonflables : Hulk & Lobster

18 janvier 2015

Whiplash


Whiplash est le nom d'un morceau de musique de jazz.

Le film raconte le parcours d'Andrew Neyman (Milles Teller), étudiant en première année en tant que batteur au sein du prestigieux conservatoire Sheffer de Manhattan. Il a pour icônes des artistes comme Charlie Parker et Buddy King.
Il va intégrer le jazz band de Terence Fletcher (J.K. Simmons), un professeur redouté, perfectionniste et tyrannique.

Andrew va s’entrainer de façon acharnée pour être sélectionné parmi les batteurs de l'école qui la représentent aux concours, jusqu'à avoir littéralement les mains en sang.

Son humeur et niveau d'estime va faire les montagnes russes, de la non-estime de soi à l’arrogance, selon les remarques et réactions très fluctuantes de Terence Fletcher, qui n'hésite pas par exemple à lui jeter à la figure des instruments de musique pour marquer son mécontentement s'il n'est pas exactement en rythme.
 
Pendant le film, la musique jazz est omniprésente, on ne peut s'empêcher de battre la mesure sur les morceaux Whiplash ou Caravan.

Après environ une heure de film (qui en compte 1h47), on change de rythme. C'est intéressant et cela permet de renouveler l'intrigue.

Le réalisateur Damien Chazelle, qui est aussi le scénariste du film, souhaitait au travers de ce film "montrer la musique comme quelque chose de physique" ... c'est réussi !

Les deux acteurs principaux sont excellents. Le film a déjà obtenu des prix (Grand Prix & Prix du Public au Festival de Deauville, idem à Sundance), c'est totalement mérité.
Il est en lice pour les prochains oscars : il a été nommé dans la catégorie Meilleur Film et Meilleur Second Rôle pour J.K. Simmons qui a obtenu cette semaine le Golden Globe du Meilleur Acteur dans un Second Rôle. Il est vraiment excellent dans ce rôle d'un professeur et musicien exigeant et impulsif.

10 janvier 2015

expo Paris Magnum


L’exposition gratuite Paris Magnum est présentée à l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'au 28 mars, du lundi au samedi.

L'agence Magnum a été fondée en 1947 par 4 photographes : Henri Cartier Bresson, Robert Capa, George Rodger et David "Chin" Seymour. L'agence était initialement à Paris et New York, elle est aujourd'hui à Londres et Tokyo. Elle est caractérisée par une coopérative d'actionnaires photographes et la revendication des droits d'auteur comme propriété exclusive des photographes. Aujourd'hui, elle compte 80 photographes dont 60 membres et accorde autant d’intérêt à la chose vue qu'à la façon de voir.

L'exposition nous présente une collection de photographies noir et blanc pour la plus grande majorité, représentant comme son nom l'indique Paris, de 1932 à 2014.
Il y a donc une grande variété de photographes, de Robert Capa à Elliott Erwitt en passant par Raymond Depardon ou encore Martin Parr.
On y découvre des photos de manifestations, de troquets, de grèves, ... des situations très variées.

C'est donc une exposition que je conseille. Il faut simplement s'armer de patience - souvent dans le froid - avant de pénétrer dans la salle Saint Jean de l'Hôtel de Ville. Personnellement, j'ai attendu quasiment une heure sur le parvis, un jour de semaine pendant les vacances de Noël.

30 décembre 2014

La famille Bélier



La famille Bélier est une comédie d'Eric Lartigau, réalisateur connu notamment pour le film Prête-moi ta main avec Alain Chabat & Charlotte Gainsbourg.

Le film raconte le parcours de Paula (Louane Emera) qui est lycéenne et se découvre une jolie voix lors de la chorale de l'école. Elle est la seule non sourde au sein de sa famille : ses parents sont joués par François Damiens et Karine Viard (qui ont appris la langue des signes pour ces rôles, tout comme Louane) ainsi que son petit frère (jeune acteur qui est réellement sourd). 

Eric Elmosnino incarne le professeur de musique. Son personnage tout en nonchalance est vraiment drôle et surprenant par ses répliques très directes et son choix exclusif de chansons en provenance du répertoire de Michel Sardou.

Louane, révélée dans l'émission musicale The Voice, joue à merveille l’adolescente qui évolue et grandit au travers de son expérience, notamment musicale. La dernière scène est vraiment très émouvante grâce à l'intensité de sa voix et l'émotion qu'elle parvient à transmettre. Elle a d'ailleurs été prénommée aux prochains César.

Une des affiches du film parle d' "un film à la Billly Elliot". J'aime beaucoup cette comédie anglaise de Stephen Daldry avec Jamie Bell. Je dirai que la comparaison n'est pas galvaudée, même si Billy Elliot est quasiment uniquement centré autour du personnage principal, alors que dans la Famille Bélier, la famille de Paula est très présente et cela contribue d'ailleurs au fait que le film soit réussi. On suit avec plaisir les parents et le frère tout au long du film, en parallèle de l'évolution de Paula. Beaucoup de scènes très drôles proviennent des parents et du fils, tandis que le personnage de Paula joue plus sur la corde sensible du spectateur.

21 décembre 2014

Men, Women & Children


Men, Women and Children est le dernier film de Jason Reitman, le réalisateur notamment de Juno et de In the Air.
L'accroche du film est "Vous connaissez si peu ceux que vous croyez connaître".

Cette comédie dramatique met en scène des adolescents, des parents, des adultes, de la même ville des États-Unis connectés par leur smartphone aux réseaux sociaux, aux sites de rencontre sur Internet, aux jeux vidéos en ligne, etc.

Ainsi, la jeune Brandy (Kaitlyn Dever, vue dans States of Grace plus tôt cette année) est traquée par sa mère (Jennifer Garner, déjà présente dans Juno) qui installe des mouchards dans le portable et sur l'ordinateur de sa fille pour surveiller son activité en ligne. 
Le couple formé par Don & Helen (Adam Sandler & Rosemarie de Witt) s'est éloigné après plusieurs années de mariage : comment rallumer la flamme et le désir physique entre eux ?
Hannah, cheerleader en vue au lycée a des aspirations de gloire : elle rêve de cinéma et d'Hollywood, soutenue par sa mère Donna (Judy Greer) qui ne cesse de la photographier pour son site Internet ...
Ces destins et d'autres connexes vont se croiser autour des problématiques de l’amour qui s'érode, des rencontres, de l'adolescence et son mal-être et surtout du sexe.

Le résultat est plutôt agréable, on ne s'ennuie pas pendant 2 heures, c'est bien rythmé, mais c'est assez prévisible. Au final, ce film chorale m'a un peu déçue.
Les personnages sont plus ou moins construits. Par exemple, le cas de l'adolescente qui était en surpoids et souffre désormais d'anorexie n'est pas très bien traité à mon avis.   
A l'inverse, j'ai particulièrement bien aimé Tim (le craquant Ansel Elgort vu dans Nos étoiles contraires) qui joue le quaterback du lycée en pleine remise en question.
Un autre détail m'a gênée : j'ai vu le film en VO mais tous les textos et messages instantanés qui s'affichent à l'écran (c'est d'ailleurs assez sympa comme idée d'interactions avec le spectateur) sont traduits en VF. C'est dommage de ne pas les voir en VO. Ce choix a certainement été fait à cause du rythme rapide des échanges, mais je le regrette.

14 décembre 2014

Marcel Duchamp au Centre Pompidou


Le Centre Pompidou propose jusqu’au 5 janvier 2015 une exposition autour de Marcel Duchamp intitulée "La peinture, même".

Dans les premières salles de l'exposition, on découvre beaucoup de tableaux de Manet, Matisse, Derain ou encore Cézanne confrontés à ceux de Marcel Duchamp. C'est assez surprenant quand on ne connaît pas toute l’œuvre de Duchamp de voir qu'il a débuté en peignant des tableaux dans le style du fauvisme, de l’impressionnisme, etc. Je connaissais par exemple son détournement de la Joconde présentée sur l'affiche mais je ne savais pas l'importance de la peinture fauviste et impressionniste dans son œuvre. Je m'attendais à voir exposé plus d’œuvres détournées.

Fin 1911, il a rejoint le groupe des cubistes dont il va ensuite dépasser l'esthétique par des toiles qui annoncent une série d’œuvres optiques et cinématographiques des années 1920 dans la veine du futurisme.

Fin 1912, il visite avec Fernand Léger et Constantin Brancusi le salon de l'aéronautique où il va s'extasier sur la perfection formelle d'une hélice d'avion. Il va ensuite dans son Portrait de joueurs d'échec traduire cette mécanique.

Enfin, il élabore des peintures plus abouties comme La Mariée et commence à travailler sur la transparence, ce qui annonce le Grand Verre qui est présenté dans la dernière salle : c'est une installation spectaculaire composée de deux panneaux verticaux dont il existe plusieurs exemplaires dans le monde. Celui-ci a été réalisé à New York entre 1915 et 1923.

Les commentaires de l'exposition visibles dans chacune des salles sont assez obscurs, ils sont certainement dédiés aux initiés de par l'utilisation d'un vocabulaire très spécifique et des phrases très complexes. Cela peut dérouter le visiteur lambda dont je fais partie ! Et ce n'est pas la coutume avec les expos présentées par le Centre Pompidou.

7 décembre 2014

Night Call


Night Call - en VO Nightcrawler - est la première réalisation de Dan Gilroy qui en est aussi le scénariste. Les producteurs de Drive sont à l'origine du film : on y retrouve des courses poursuites et cascades mais en plus rythmé.

On découvre Jake Gyllenhaal au visage émacié dans les rues de Los Angeles. Il incarne Lou Bloom, un jeune sans activité et aux dents longues qui, un soir en rentrant chez lui, tombe sur l'autoroute sur une équipe qui filme une conductrice en train d'être désincarcérée de son véhicule en flammes par des pompiers. Ils vendront cette vidéo à des chaînes d'informations locales, souvent au plus offrant.
Intrigué et séduit par cette opportunité professionnelle, Lou décide de se mettre à son compte en faisant l'acquisition d'une caméra basique pour commencer - à noter la façon particulière dont il obtient les fonds, ce qui en dit long sur la moralité du personnage. Il va rapidement recruter un stagiaire pour faire équipe et l'aider à se repérer dans les rues de LA. Son ambition va rapidement le faire connaître dans ce milieu et le distinguer de ses concurrents directs ...

Jake Gyllenhaal, avec son sourire carnassier, est saisissant. Il apprend vite : par exemple, il demande à être désigné sous le nom Video Production News pour paraître plus professionnel, alors que son effectif se limite à lui et son stagiaire ! Il a un plan de carrière grâce à son expérience de vie et ses connaissances acquises en tant qu'autodidacte.
Il est prêt à tout pour décrocher et filmer un scoop, même de flirter avec la légalité. Il n'a pas de limite, comme le montrera la fin du film.  

Jake Gyllenhaal fait des choix audacieux depuis quelques années, comme dans Prisoners ou Jarhead. Il travaille avec des réalisateurs canadiens, européens et plus uniquement américains. J'attends impatiemment qu'il collabore avec un metteur en scène français, ce qu'il aimerait faire s'il maîtrisait mieux notre langue.

Ce film est l'occasion de retrouver l’actrice Rene Russo, accessoirement épouse du réalisateur, en tant que directrice de l'information d'une chaîne locale qui va collaborer avec Lou. Son personnage est intéressant et montre les attentes du milieu audiovisuel et sa perversité.

C'est un film dense, intense, extrême avec un personnage principal qui est excessif et atteint par la folie par moment. Il est prenant de bout en bout grâce à la performance hallucinante et extrême de Jake Gyllenhaal.

28 novembre 2014

Un dîner d'adieu



La pièce Un dîner d'adieu se joue au théâtre Édouard VII depuis la rentrée. Elle a été écrite par Alexandre de la Patelière et Mathieu Delaporte, les auteurs de la pièce Le Prénom, que j’avais eu la chance de voir dans ce même théâtre il y a quelques années.

Le point de départ de cette pièce : Clotilde et Pierre (Audrey Fleurot et Eric Elmosnino) forment un couple d'urbains qui sont débordés par leurs activités diverses. Ils trouvent que parfois ils se rendent à des dîners chez des amis alors qu'ils n'ont pas vraiment envie d'y aller. S'ils ne s'y rendaient pas, cela leur permettrait d'avoir plus de temps pour eux et faire des activités dont ils ont vraiment envie.
Ils décident donc d’organiser des dîners d'adieux avec certains de leurs amis dont ils pourraient se passer : ils les recevront une dernière fois en leur accordant des petites attentions (leur plat préféré, leur musique favorite, etc.). Ils décident, après une légère hésitation, de recevoir en premier Antoine (Guillaume de Tonquédec), l'ami d'enfance de Pierre, et son épouse à l'un de ces fameux dîners ...

Le sujet de la pièce est intéressant et original, il est bien traité, malgré quelques longueurs.
Les trois acteurs jouent leur partition, le rôle d'Audrey Fleurot étant un peu en retrait par rapport aux deux rôles masculins. J'ai bien aimé la présence sur scène d'Eric Elmosnino et son phrasé.
La pièce est drôle, notamment la scène de "mise à nu" des hommes que je vous laisse découvrir en live ...
Le résultat est agréable, mais moins réussi que leur précédente pièce Le Prénom que j'avais adoré pour sa subtilité et la qualité des dialogues.

16 novembre 2014

Mommy


Mommy est le sixième film de Xavier Dolan qui a remporté le Prix du Jury au dernier festival de Cannes.

Au début du film, Diane va chercher dans un centre de rétention fermé son fils Steve, adolescent avec un trouble de déficit de l'attention. Ils vont vivre ensemble de nouveau tous les deux, le père de Steve étant décédé depuis 3 ans. Ils vont également se rapprocher de leur voisine Kyla, une institutrice en congé sabbatique.

Le film est canadien. Il faut s'habituer à l'accent des acteurs et se familiariser avec les expressions typiques grâce au sous-titrage.

L'image est carrée la plupart du temps : elle est étriquée et traduit l'enfermement de Steve et le mal-être des personnages principaux.
Quand l'image devient rectangulaire pour la première fois, la scène est très belle : Steve saisit lui-même les bordures verticales de l'image et les repousse comme un changement de perspective qu'il introduit dans leurs vies. C'est signe d'espoir, d'ouverture aux autres, à la lumière, de positivisme ... Malheureusement, cela ne va pas durer.

Le film est dense, fort, poignant, violent, dérangeant parfois. 
Le jeune acteur Antoine-Olivier Pilon qui incarne Steve est très expressif. Il alterne les moments de calme et de furie. Il avait déjà travaillé avec Xavier Dolan pour le clip choc du groupe Indochine College Boy tourné en 2013, également tourné en format d'image carrée.
Les deux autres actrices québécoises Anne Dorval (Diane) et Suzanne Clément (Kyla) sont très justes.

La musique joue un rôle important dans le film. Elle est choisie avec beaucoup de soin. Elle comporte des morceaux anglo-saxons, comme Wonderwall d'Oasis lors d'une très belle scène, ou encore des chansons plus locales avec Céline Dion.

Xavier Dolan a une façon de filmer très spécifique. Il fait des choix de positionnement de caméras, d'utilisation des ralentis, de gros plans sur les acteurs. Il utilise parfois des angles originaux et cela fait sa singularité et sa force. 
Il arrive également à faire surgir de la poésie dans des scènes très simples, minimalistes, comme quand Steve "danse" avec un caddie sur un parking.
Son style est affirmé : malgré son jeune âge, il a déjà beaucoup d'expérience.
J'avais déjà succombé au charme de son film les Amours Imaginaires en 2010, où les ralentis trouvaient également leur place et dans lequel il jouait en plus de réaliser.

La fin est ouverte et permet au spectateur d'imaginer leur propre destin aux personnages.

Mommy est le plus grand succès de Xavier Dolan en France . Il a déjà deux autres films en préparation.

2 novembre 2014

Magic in the Moonlight


Je vais voir tous les films de Woody Allen au cinéma depuis des années, c'est un rituel immuable à chaque sortie à l'automne. C'est un plaisir qui commence dès le générique et sa typographie si spécifique.
Les derniers opus qui m'ont vraiment plus sont Match Point et Blue Jasmine l'an dernier. Mais même un mauvais cru de Woody Allen est toujours agréable à mes yeux !

Le film commence en 1928 à Berlin lors d'un spectacle du magicien chinois Wei Ling Soo incarné par Colin Firth - alias Stanley Crawford - grimé en asiatique. Il ravit ses spectateurs par des tours de prestidigitation spectaculaires, comme la disparition sur scène d'un éléphant.
C'est alors qu'une de ses connaissances vient le voir en loge après la représentation pour le féliciter. Il lui propose de venir dans le sud de la France, sur la riviera, afin de démasquer une jeune medium Sophie Baker (Emma Stone). Celui-ci la soupçonne d'être un imposteur et de vouloir profiter des richesses de la famille qui l'accueille et à qui elle prédit l'avenir et prétend discuter avec le défunt mari.
Stanley accepte, il a l'habitude de débusquer les faux extralucides grâce à ses connaissances en magies et tours d’illusionnistes.
Mais, il va être rapidement désarçonné par la charmante Sophie et ses révélations si personnelles et tellement justes sur son passé, sa famille, etc.
Dès lors, va-t-il la démasquer ou lui reconnaître un véritable talent inné ? 

Le rythme du film est assez lent, mais sied bien au propos.
Les costumes d'époque sont absolument ravissants et la musique très jazz complète agréablement les scènes.
La relation qui se noue entre les personnages incarnés par Colin Firth & Emma Stone est très plaisante à suivre. On prend plaisir à suivre son évolution qui rappelle un peu les comédies américaines de Lubitsch, par exemple The Shop around the corner sorti en 1940 où les personnages principaux commencent par se détester avant de se rapprocher.

23 octobre 2014

Samba


Après l'incroyable succès d'Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache reviennent sur grand écran avec Samba.

Samba (Omar Sy) vit et travaille en France depuis 10 ans, c'est un immigré en provenance du Sénégal. Il se retrouve dans un centre de rétention qui va juger de sa situation irrégulière sur le territoire français, sachant qu'il a pour sa seule famille en France un oncle avec qui il vit. Il va alors faire la connaissance de Manu et Alice (respectivement Izïa Higelin et Charlotte Gainsbourg) qui travaillent dans une association qui aide les personnes dans la même situation que Samba. En fait, Alice est une cadre qui a fait un burn out professionnel et se reconstruit en donnant de son temps à cette association. Elle est bénévole et débutante, épaulée par Manu qui est plus expérimentée. Samba va être aidé par ces jeunes femmes et se rapprocher d'Alice. Il va également rencontrer Wilson (Tahar Rahim), un brésilien avec qui il va travailler lors de différentes missions d'intérim.

Malgré le sujet dramatique, les réalisateurs parviennent à apporter au film une certaine légèreté et une drôlerie, comme "le striptease Coca Cola" qu'improvise Wilson en tant que laveur de vitres sur une tour de la Défense ou quand une personne aidée par l'association explique qu'elle est venue des Canaries en bus alors que des océans le séparent de la France ; les scènes de traduction et de barrière des langues qui ne facilitent pas le travail de l'association font également sourire.

Omar est convaincant dans le rôle de Samba, il est omniprésent dans le film. On va suivre son parcours, ses galères, ses combines et son rapprochement avec le personnage d'Alice. Charlotte Gainsbourg joue à merveille la cadre blessée, fragile et stressée qui tente de se reconstruire après un pétage de plomb professionnel.
Izïa Higelin apporte tout son dynamisme et sa verve à son personnage impliquée dans le social, tandis que Tahar Rahim trouve une fois n'est pas coutume un rôle solaire et souriant.
A noter que les deux réalisateurs font un caméo dans le film.

J'ai trouvé ce film plutôt réussi, mais je n'y ai pas trouvé la même étincelle que dans Intouchables qui m'avait réellement conquise par l'originalité de son histoire et les émotions véhiculées par la rencontre et les échanges des deux personnages principaux.
J'ai parfois regretté certaines répétitions, même si cela permet d’insister sur les nombreuses galères des personnes en situation irrégulière.

16 octobre 2014

Gone Girl

Je suis fan du travail de David Fincher qui m'a fascinée avec ses films précédents : the Social Network, Fight Club, Seven, Zodiac, ... J'avais fondé beaucoup d'espoir depuis quelques mois dans son dernier opus Gone Girl. Il est adapté du best seller Les apparences de Gillian Flynn qui a également signé le scénario du film, ce qui est généralement un gage de qualité.

Amy Dunne (Rosamund Pike) disparaît le jour de son cinquième anniversaire de mariage avec Nick (Ben Affleck). Très vite, les soupçons de l'enquêtrice de la police vont s'orienter vers ce mari. Il va se rapprocher de sa sœur jumelle Margo pendant cette période difficile pour faire face aux salves de la police, les apparences étant contre lui dans les jours suivant sa disparition ...

Rosamund Pike, actrice britannique, trouve enfin un rôle à la mesure de son talent. Je l'avais repérée dans le film Jack Reacher avec Tom Cruise sorti en 2012. Elle est le personnage principal même si c'est elle qui disparaît. Sa voix est vraiment fascinante, très posée et maîtrisée.

Je ne suis pas une grande fan en général de Ben Affleck en tant qu'acteur, je préfère son travail en tant que réalisateur ou scénariste avec Matt Damon. Il est à sa place dans le film, alternant le rôle du mari modèle et celui que l'on soupçonne.

Neil Patrick Harris, sorti de How I Met Your Mother, joue un des ex de Amy. On prend plaisir à la retrouver sur grand écran.

Les autres rôles sont crédibles, à l'instar de Tyler Perry, qui incarne l'avocat de Nick.

C'est un thriller déroutant qui alterne les flashbacks et les changements de points de vue de manière très astucieuse. Les 2h30 tiennent le spectateur en haleine : on ne les voit pas passer, pris par le récit à deux voix, même si la toute fin peut laisser un goût d'inachevé. David Fincher a réussi à maintenir le suspense, grâce à des acteurs très convaincants et une mise en scène habile. Je conseille vivement ce thriller qui multiplie les faux-semblants.

2 octobre 2014

Saint Laurent


C'est maintenant au tour de Bertrand Bonello (qui avait précédemment réalisé l'Apollonide - souvenirs de la maison close) de nous livrer sa version et vision de Saint Laurent, après le film de Jalil Lespert sorti en début d’année 2014.

C'est Gaspard Ulliel qui incarne cette fois le créateur. Il est impressionnant de ressemblance avec Yves Saint Laurent. Il avait déjà failli l'incarner dans un film de Gus Van Sant mais le projet n'avait pas vu le jour. Gaspard Ulliel a mis du temps à trouver sa voix : il l'a maîtrisée au premier jour de tournage. Les coiffures, la silhouette, les mimiques sont plus vraies que nature, encore plus qu'avec Pierre Niney.
Le film est centré sur la période de 1967 à 1976. Helmut Berger l'incarne à l'écran pour les dernières années de sa vie, il est décédé en 2008.

Ses muses, Betty Catroux et Loulou de la Falaise, sont respectivement incarnées par le mannequin Aymeline Valade et Léa Seydoux.

C'est Jérémie Renier qui incarne Pierre Bergé, le compagnon et financier de l'entreprise, qui gérait leur collection d’œuvres d'art, tandis que Louis Garrel est avec délectation Jacques de Bascher, l'amant d'Yves, qui était avec Karl Lagerfeld.

La musique joue une grande place dans le film, notamment lors de scènes de nuit dans les clubs branchés de l'époque.

On voit la création de collection, malgré les addictions au tabac, à l'alcool, aux drogues.
On se rend compte également de sa dureté : quand une couturière de l'atelier lui annonce qu'elle est enceinte et doit avorter, il lui donne de l'argent, mais il demande ensuite au chef de l'atelier de la licencier.
C'était un génie de la mode, qui avait un sens du style unique. Il a par exemple créé le tailleur pantalon pour femme, c'est un grand couturier qui a laissé un héritage à son art.

Le film dure 2h30 mais on ne les voit pas passer, porté par la narration chronologique. Il  a été choisi pour représenter la France aux prochains oscars.

20 septembre 2014

Gemma Bovery


Anne Fontaine nous plonge au cœur de la campagne normande avec Gemma Bovery.

Martin Joubert (Fabrice Luchini), le boulanger du village, voit arriver Gemma Bovery (Gemma Arterton) et son mari Charles comme nouveaux voisins.
Elle va immédiatement le fasciner : il va être intrigué par la ressemblance de son nom avec celui d'Emma Bovary, l'héroïne de Flaubert qu'il a souvent lu. Pour lui, c'est la fin de la tranquillité. Il va aller jusqu’à s'immiscer dans sa vie pour essayer de déjouer son destin supposé tragique.

Gemma Arterton est sensuelle et troublante dans ce rôle de séductrice et d'héroïne littéraire.
C'est toujours plaisant de retrouver Fabrice Luchini au cinéma.  Il est à son avantage dans ce rôle où il peut exprimer sa verve.
Les seconds rôles sont formidables, notamment Elsa Zylberstein qui joue une ex citadine très snob.

C'est un agréable moment. J'ai cependant moins aimé le dénouement du film, qui m'a un peu déçue.