31 août 2014

Le rôle de ma vie (Wish I was here)


Le rôle de ma vie (Wish I was here en VO) est le deuxième film de Zach Braff, 9 ans après Garden State, film que j'avais vu au cinéma mais que je n'ai pas revu depuis et qui m'avait laissé un joli souvenir avec la présence de Natalie Portman.

Sélectionné au festival de Sundance, ce film dresse le portrait d'une famille un peu bancale mais soudée. Le père, Aidan Bloom (Zach Braff) est un acteur au chômage ; la mère Sarah (Kate Hudson) supporte financièrement le foyer grâce à un boulot loin d'être passionnant ; les deux enfants, Grace & Tucker, sont scolarisés dans une école judaïque, les frais étant payés par leur grand-père Saul (Mandy Patinkin - le Saul de la série Homeland)
Leur fragile équilibre va devenir bancal quand Saul découvre qu'il a un cancer. 

Ce film ressemble à sa précédente réalisation, avec des années en plus au compteur : autant Garden State était centré autour d'un jeune adulte, Wish I was here traite du cocon familial, des relations père/fils, entre frères, avec ses enfants qui grandissent.

J'ai rarement vu Kate Hudson être aussi juste (notamment dans la scène face à Mandy Patinkin).
La fille est jouée par Joey King une enfant star des séries télé et au cinéma à la manière des sieurs Fanning. Elle est très juste.

Zach Braff a financé le film grâce à ses propres fonds et au crowdfunding ce qui lui a permis de rester maître du montage final. Il a un ton propre à lui, avec ses fantaisies (voir les scènes en super héros), un univers un peu barré et poétique. J'espère qu'on ne devra pas encore attendre une décennie pour voir son prochain film. 

21 août 2014

Maestro


Maestro est le 5ème film de Léa Fazer.

Il raconte la rencontre entre Henri (Pio Marmaï) un acteur débutant, habitué aux tournages de publicités et rêvant de films d'action avec Bruce Willis, et Eric Rovere (Michael Lonsdale) réalisateur de films d'auteur. 
Lors de ce tournage, Henri découvre un univers qu'il ne connaît pas, y trouve petit à petit sa place, sans oublier d'où il vient. Il fait également la connaissance de Gloria (Déborah François) qui est sa partenaire à l'écran et le prend dans un premier temps de haut.

Le film est inspiré de l'expérience du regretté Jocelyn Quivrin sur le tournage des Amours d'Astrée et Céladon d'Eric Rohmer. Il avait commencé à écrire le scénario qui a été poursuivi par Léa Fazer.

Le film est charmant et drôle de par le contraste entre les goûts d'Henri et les autres acteurs ainsi qu'avec le réalisateur. Les échanges entre Pio Marmaï et Michael Lonsdale sont particulièrement touchants et instructifs.
Les autres acteurs sont convaincaints : Alice Bélaïdi, Déborah François et Nicolas Bridet qui joue le meilleur pote de Francis.
Un film à voir comme une bouffée d'oxygène et un plaisir revendiqué.

13 août 2014

Great Black Music


L'exposition Great Black Music à la Cité de la Musique se termine très bientôt, le 24 août précisément. 
Ne manquez pas l'occasion de visiter cet hommage à toutes les musiques noires, de Mickael Jackson à Aretha Franklin en passant par Bob Marley et Billie Holiday.

Comme toujours dans ce lieu, la visite est interactive : grâce à un ipod, on peut ajouter certains morceaux à nos coups de cœur. On reçoit quelques heures après la visite notre playlist personnalisée par e-mail.

11 août 2014

New York Melody


New York Melody, dont le titre original est Begin Again (merci les traductions estivales !) est une comédie romantique mais surtout musicale de John Carney. 

C'est la rencontre entre Gretta (Keira Knightley), muse et parolière de Dave (Adam Levine, le chanteur de Maroon 5, plutôt convaincant pour la première fois à l'écran) une popstar au succès grandissant qui la largue à New York et Dan (Mark Ruffalo), ex directeur d'un label de musiques indépendantes qui a un penchant pour l'alcool et vit séparé de sa femme (Catherine Keener).

Dan va lui proposer d'enregistrer un album live de ses compositions au cœur de New York, dans des lieux emblématiques (à l'Empire State Building, dans Brooklyn, à Central Park, etc.  
Ils vont s'entourer d'amis musiciens, de proches - la fille de Dan est interprétée par Hailee Steinfeld - et d'un producteur (Ceelo Green) pour mener à bien ce projet.

Ce qui est agréable c'est de suivre leurs pérégrinations et enregistrements musicaux dans la grosse pomme. C'est le réalisateur lui-même qui a écrit la majorité des chansons du film.
Keira Knighley a une voix fluette mais qui se prête bien à ses balades folk. C'est initialement Scarlett Johansson qui devait jouer ce rôle.
Le casting est réussi dans ce feel-good movie.
 

18 juillet 2014

Under the skin



Under the skin est un film de Jonathan Glazer, réalisateur britannique qui avait sorti Birth en 2004 avec Nicole Kidman.

Scarlett Johansson y incarne une extraterrestre qui parcourt les routes d'Ecosse à bord de sa camionnette. Elle est à la recherche d'hommes qu'elle séduit puis fait venir dans une énigmatique maison pour les tuer d'une bien étrange façon ...

Le film est pauvre en dialogues et repose sur une musique stridente et inquiétante. Il y a des plans très esthétiques et visuellement impactants. 
Scarlett Johansson est omniprésente.

Le film laisse beaucoup de questions en suspens : pourquoi fait-elle cela ? Quel est le rôle du motard qui lui sert d'équipier ? Comment est morte celle qu'elle semble remplacer ? etc.
Une expérience étrange et déstabilisante, pas forcément convaincante.

2 juillet 2014

Palo Alto


 
Palo Alto est le premier film de Gia Coppola, inspiré du recueil de nouvelles éponyme de James Franco. A seulement 27 ans, elle a de qui tenir, étant la petite fille de Francis Ford Coppola et la nièce de Sofia Coppola.

On suit les aventures d'adolescents à Palo Alto, au sud de San Francisco. Ils sont un peu paumés, testent leurs limites et expérimentent alcools, drogues, sorties nocturnes, etc.

La discrète et solitaire April (Emma Roberts) est attirée par son coach de soccer interprété par James Franco. Elle est aussi proche de Teddy (Jack Kilmer - le fils de Val Kilmer qui est également présent dans le film) qui traîne souvent avec le déjanté Fred. Emily couche avec beaucoup d'hommes, mais elle ne semble pas heureuse ...

La bande originale qui accompagne le film de Devonté Hynes est planante. Elle est disponible ici via Spotify : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-223474/soundtrack/

Ce film est plutôt réussi. Le duo Emma Roberts / Jack Kilmer est touchant. 
Emma Roberts s'éloigne des comédies romantiques qui l'ont fait connaître pour un rôle plus en délicatesse. Gia Coppola a d'ailleurs déclaré qu'elle aimerait tourner de nouveau avec elle.
Jack Kilmer, pour sa première apparition à l’écran, est convaincant en adolescent qui se cherche, qui commet des erreurs mais a bon fond et une grande sensibilité. 
Gia Coppola parvient à filmer les adolescents dans une veine qui n'est pas sans rappeler les films de Sofia Coppola (Virgin Suicides, The Bling Ring), les ralentis et la lumière si particulière en moins à mon avis.

23 juin 2014

Exposition Van Gogh / Artaud au Musée d'Orsay


L'exposition Van Gogh / Artaud - Le suicidé de la société est présentée au Musée d'Orsay jusqu'au 6 juillet. Elle confronte les créations de Vincent Van Gogh (1853-1890) aux textes d'Antonin Artaud (1896-1948).

La première salle nous présente des autoportraits de Vincent Van Gogh.
On y retrouve ensuite des natures mortes, des tableaux aux Tournesols, des correspondances avec son frère Théo Van Gogh.
L’œuvre "Le champ de blé aux corbeaux" est commentée par Antonin Artaud qui est fasciné par le drame qui s'en dégage et qui traduit la solitude du peintre.

Au milieu de l'exposition, on découvre les biographies des deux artistes.
En 1888, Vincent Van Gogh se coupe l'oreille devant Paul Gauguin, témoin de la scène. 

Puis, on peut voir 20 extraits de films dans lesquels Antonin Artaud apparaît en tant qu'acteur.
On découvre ensuite des esquisses dessinées par Antonin Artaud.

La fin de l'exposition est consacrée à Van Gogh.
Plusieurs tableaux sur Auvers sur Oise sont exposés, puis des tableaux panoramiques avec une lumière orageuse très particulière.
Une salle est enfin consacrée à des fusains faits par Van Gogh.
Une lettre de Vincent adressée à son frère Théo quatre jours avant son suicide est commentée par Antonin Artaud.

Le concept de l'exposition est intéressant. Mais il y a finalement peu d'interactions entre les deux artistes. Personnellement, j'ai y vu comme intérêt majeur le fait de (re)découvrir certaines œuvres de Vincent Van Gogh, comme "La nuit étoilée" peinte à Arles.

15 juin 2014

Sous les jupes des filles



Sous les jupes des filles est le premier film d'Audrey Dana, le film Des betteraves à Noël, tournée en 2011, n'ayant pas été diffusé.
Avant d'être réalisatrice, c'est une actrice que j'ai personnellement découverte dans le film Welcome de Philippe Lioret sorti en 2009, avec Vincent Lindon, où elle incarnait une femme qui aidait les réfugiés. Elle m'avait bouleversée dans ce rôle par son naturel et les émotions qu'elle dégageait et transmettait au spectateur.

Elle a réuni ici 11 femmes, toutes différentes, pour incarner les multiples facettes de la Femme dans ce film.
C'est un projet que j’avais suivi et financé sur Ulule (site de crowdfunding ou financement participatif) à l'époque où il s'appelait encore Homosapiennes.
Ainsi, Laetitia Casta est une jeune avocate prometteuse mais qui perd ses moyens au cours de rendez-vous personnels ; Isabelle Adjani, qui est très enjouée, est confrontée à la pré-ménopause et ses tourments ; Géraldine Nakache, épouse et mère de 4 enfants, débordée, craque pour la sublime Alice Taglioni ; Alice Belaïdi est l'assistante dévouée de Vanessa Paradis qui est une femme forte qui n'a pas de copines filles ...

Ce film chorale repose sur les interactions entre ces 11 femmes, à la manière d'une équipe de foot. Alex Lutz, Pascal Elbé et Marc Lavoine sont les rares hommes qui sont présents dans ce film.
Ce qui est agréable, c'est la rapidité d’enchainement des situations et le ton très ouvert.
Il y a quelques imperfections dû au challenge de réunir autant de personnages, mais on passe 2 heures bien agréables, notamment grâce à la musique d'Imany qui sied bien au film et à son ton.

7 juin 2014

Le monde nous appartient




Vu hier soir en avant-première au ciné Grand Action le film "Le monde nous appartient" du réalisateur belge Stephan Streker, référence à Scarface dans lequel Al Pacino dit "The world is yours". 
Ce drame confronte les destinées de deux jeunes : Julien un footballeur espoir qui pour l'instant passe plus de temps sur le banc que sur la pelouse, et Pouga, un petit escroc incarné par Vincent Rottiers, animal et sensible par moment. 
Les seconds rôles aussi sont remarquables : Olivier Gourmet incarne le père de Julien accro au jeu, tandis que Reda Kateb est un malfrat qui prend Pouga sous son aile. 
Un film noir, bien interprété et efficace.

5 juin 2014

States of Grace


States of Grace est un film américain indépendant qui a remporté plusieurs prix. C'est un premier film plein de grâce de Destin Cretton.

Grace est l’héroïne de ce film. Elle dirige, malgré son jeune âge, un centre d'accueil pour adolescents en difficulté. Elle y travaille avec plusieurs collègues, dont Mason qui est aussi son petit ami. Elle parvient à gérer les traumas de ses pensionnaires en maniant avec habileté la force ou la douceur selon les situations auxquelles elle est confrontée.

Jayden, une adolescente dont les parents sont divorcés, arrive au centre. Elle est très renfermée sur elle-même et se scarifie. Grace va essayer de se rapprocher d'elle, la comprendre pour qu'elle s'ouvre à elle. Elle se sent proche d'elle car elle se reconnait en elle, celle qu'elle était il y a seulement quelques années.

En parallèle, la relation entre Grace et Mason va évoluer. On va alors en apprendre plus sur le passé de Grace, son histoire familiale tourmentée qui l'a amenée à devenir assistante sociale. 

Ce film est très touchant. Il y a un vrai ton et un peu d'humour malgré le thème difficile. Par exemple, certains jeunes essayent de s'échapper régulièrement du foyer. On assiste alors à des courses poursuites entre les ados et le personnel du centre filmées au ralenti.
La révélation du film c'est Brie Larson qui incarne Grace. Elle est naturelle, forte et fragile à la fois. Elle capte la caméra avec simplicité. Elle était dans la série United States of Tara avec Toni Collette comme mère. Elle me fait penser à Jennifer Lawrence à ses débuts dans Winter's Bone pour sa façon de crever l'écran. A seulement 24 ans, elle a un bel avenir cinématographique devant elle.

25 mai 2014

Le Porteur d'Histoire


Le Porteur d'Histoire est une pièce d'Alexis Michalik.
Elle se joue en ce moment au studio des Champs-Élysées, après avoir été présentée au Théâtre 13 et durant le festival d'Avignon.

C'est une pièce qui sort de l'ordinaire dans la mesure où, comme son titre l'indique, elle transporte le spectacteur, le fait voyager au travers d'un récit, d'un feuilleton littéraire à la manière d'Alexandre Dumas.
Les 5 comédiens, avec des changements de costumes très fréquents (et très rapides !) et l'utilisation très ingénieuse d'un décor minimaliste parviennent à incarner différents personnages, certains jouent le même à différentes périodes de leur vie. 
Cela peut paraître complexe mais c'est limpide pour le spectateur qui prend du plaisir à suivre ces péripéties, à être embarqué dans ces aventures qui s'imbriquent peu à peu. C'est une pièce originale et très forte.

Alexis Michalik a créé cette année une nouvelle pièce : Le cercle des illusionnistes. J'ai désormais très envie de la voir !

27 avril 2014

Un temps de chien


La pièce Un Temps de Chien qui se joue actuellement au théâtre Montparnasse est un vrai régal.

Les actrices y sont formidables : Pascale Arbillot joue une femme assez triste et solitaire qui va se dévoiler, Mélanie Bernier incarne la jeune gérante d'une boutique de lingerie qui traine un lourd passé, et Valérie Lemercier est une épouse, mère de famille et cadre qui va gentiment péter les plombs ... et c'est réjouissant pour les spectateurs !

Je ne connaissais pas Patrick Catalifo. Il est très convaincant et touchant dans le rôle du gérant du bar dans lequel ces 3 femmes qui ne se connaissaient pas se retrouvent et vont passer un moment ensemble, au départ pour se protéger du mauvais temps à l'extérieur.

Il est rare de voir Valérie Lemercier sur scène. Elle n'avait pas joué au théâtre depuis 24 ans et la pièce de Feydaux Le Fil à la patte. Elle est drôle, déjantée et transmet son énergie sur la scène du théâtre Montparnasse.
 
La pièce est de Brigitte Buc avec qui Valérie Lemercier avait collaboré sur le film Palais Royal. On y retrouve ce ton si particulier, qui se rapproche un peu à mon avis du film Un air de famille de Cédric Klapisch avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. On s'avoue des horreurs mais sur le ton de la comédie. C'est touchant et drôle à la fois.

15 avril 2014

Her


L'intrigue du film se situe dans un futur proche, à Los Angeles.
Theodore Twombly (Joaquin Phoenix) est un homme sensible et solitaire qui travaille dans la société Beautiful Handwritten Letters : il rédige des lettres personnalisées pour ses fidèles clients, nourrit des relations épistolaires comme s'il s'adressait à des proches.
Il a du mal à se remettre de sa séparation avec sa femme Catherine, avec qui la procédure de divorce est en cours.
Her, raconte la relation que Theodore va nouer avec Samantha, un OS (Operating System). En effet, un jour, en passant devant un mur publicitaire digital, il va voir la promotion d'une nouvelle génération d'OS, plus sophistiqués, et capable de devenir de vrais compagnons de vie. 
C'est ainsi que la voix de Samantha (Scarlett Johannson) fait irruption dans sa vie sur des lecteurs miniaturisés à l'extrême.
Au début, elle lui permet de mettre de l'ordre dans sa vie, le fait rire, ils discutent ensemble. Il va peu à peu s'attacher à Samantha, va construire une vraie relation avec elle, de plus en plus intime et même amoureuse.

Joaquin Phoenix est touchant dans le rôle de Theodore. Sa singularité et sa sensibilité crèvent l'écran.
Scarlett Johannson aurait mérité d'être nommée dans la catégorie des meilleures actrices, tant sa voix est tour à tour enjouée, captivante, sensuelle, charmante, énigmatique, complice, ...  Elle a quand même eu un prix d'interprétation décerné à Rome. Je ne sais pas si ce film est diffusé dans certaines salles en VF mais ce serait un sacrilège de passer à côté de la voix originale de Samantha.
Tous les acteurs sont excellents, les deux principaux bien sûr, mais aussi Amy Adams qui joue une amie et voisine de Theodore, Rooney Mara qui joue son ex femme (les flashbacks de leur mariage sont très touchants) et Olivia Wilde qui joue le rôle d'un blind date.

Le film est sous-titré "Une love story de Spike Jonze". Certes, c'est une love story mais particulière. Le réalisateur nous a habitués à des films originaux, avec des tons singuliers, comme Dans la peau de John Malkovich. 

Le film a reçu l'Oscar du meilleur scénario qui récompense l'originalité de l'histoire ce qui est mérité. J'ai néanmoins trouvé le début de leur relation plus touchante que la deuxième partie du film.

6 avril 2014

Henri Cartier-Bresson


 
Le Centre Pompidou propose une grande rétrospective des œuvres d'Henri Cartier-Bresson, à travers plus de 500 photographies et quelques dessins, peintures et vidéos, présentés dans l’ordre chronologique.
Tout le monde connaît ce photographe qui a accompagné le siècle, dont le nom est synonyme de photographie. Né en 1908, Il nous a quittés il y a 10 ans déjà. La Fondation Henri Cartier-Bresson a été créée en 2003 à Paris.

Il peignait dès son jeune âge dans un style proche de celui de Cézanne. Il a commencé la photographie très tôt également : dans les années 20, il a photographié des vitrines.  Puis, il est parti en Côte d'Ivoire dès 1930 photographier des dockers et des enfants.


Il se rend dans des manifestations, des mouvements sociaux pour en rendre compte au travers d'instants volés. Ses photographies traduisent son engagement politique contre la pauvreté, quand il prend en photo les mendiants et sans abris.

A partir de 1934, il travaille pour le cinéma, au côté de Renoir. Il va également filmer la guerre d’Espagne.

Il fait le choix du photo-reportage en créant la coopérative Magnum Photos, avec notamment Robert Capa. Il voit la photographie comme un témoignage d'une époque.
Il a immortalisé des moments historiques : les funérailles de Gandhi en 1948, la Russie après la mort de Staline en 1954, Cuba après la crise des missiles en 1963, etc.

Sa passion pour la danse - il a épousé une danseuse javanaise - va le conduire à travailler sur l'écriture corporelle.

A partir des années 1970, il se retire de l'agence Magnum et abandonne progressivement le reportage. Sa renommée est internationale, il est une légende vivante.
Il va se rendre au Japon, photographier la contemplation et revenir au dessin.

Une exposition lui a été consacrée au Grand Palais en 1970 et une rétrospective au Musée d'art moderne de la ille de Paris en 1980.

J'ai particulièrement apprécié les nombreux portraits d'Henri Cartier-Bresson, à tous les âges, photographiés par lui-même ou d'autres photographes. J'ai trouvé ces portraits très touchants et plein d'humanité.

J'ai également beaucoup aimé une des citations du photographe :
« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur ».
 Il aimait saisir l’instant, les heureux hasards, ce qu'il appelait la notion d’ « instant décisif ». Il fait confiance au hasard pour prendre une photographie, croit en son appareil photo, comme sur cette célèbre photo "Derrière la gare Saint-Lazare" où le reflet du passant apparaît dans la flaque car le photographe a su déclencher l'appareil au bon moment.



L'exposition est très fréquentée. Il vaut mieux de privilégier les nombreuses nocturnes pour la visite. 
Elle va ensuite être présentée à Madrid, Rome puis Mexico.

28 mars 2014

Boco




Boco est un concept de restaurants bio et de plateaux-repas livrés au bureau, créé par les frères Ferniot.
La promesse ? Manger des plats bios élaborés par des grands chefs (Philippe Conticini, Christophe Michalak, Anne-Sophie Pic, Régis Marcon, ...), présentés dans des bocaux en verre pour un prix raisonnable.
 
Il y a 3 restaurants à Paris : dans les quartiers de Saint-Lazare, d''Opéra et de Bercy-Village. Je suis allée déjeuner il y a quelques semaines à celui de l'Opéra, rue Danielle Casanova.

J'ai choisi comme plat la Salade de cabillaud et cocos, crémeux de potimarron de Anne-Sophie Pic, qu'il conseillait de manger froid (mais tiède, c’était finalement meilleur). Les saveurs étaient surprenantes et bien associées. J'ai trouvé ce plat très original.


Puis, j'ai pris un Cheesecake aux myrtilles sauvages, recette créée par Christophe Michalak, qui était aussi beau que bon : des fruits sucrés et acidulés, une crème légèrement gélifiée et onctueuse à la fois.



Verdict : un bon déjeuner autour de 13 euros pour un plat accompagné d'un dessert. C'est donc une cantine chic et originale à tester de temps en temps, la carte évolue au rythme des saisons.
Il y a une formule à moins de 15 euros (entrée, plat, dessert) mais on n'a pas le choix dans les plats, tout est imposé. Quand j'y suis allée, la formule était constituée d'une Soupe de pois cassé, d'un Risotto de coquillettes au jambon et fromage et d'une Crème de sésame à la pistache. Si on aime la proposition culinaire, cela devient un très bon rapport qualité prix.

21 mars 2014

The Grand Budapest Hotel




The Grand Budapest Hotel est la dernière fantaisie de Wes Anderson, après Moonrise Kingdom sorti en 2012.
On y suit les aventures de Monsieur Gustave, le concierge de l'hôtel Grand Budapest, qui va vivre des péripéties aux côtés du jeune lobby boy Zéro.

Le casting est encore une fois incroyable ! L'affiche ci-dessous le montre. C'est Ralph Fiennes qui incarne Gustave. On y retrouve pour de courtes apparitions des habitués du cinéma de Wes Anderson, comme Bill Murray, Owen Wilson. Deux acteurs français complètent la distribution : Léa Seydoux et Mathieu Amalric.



Comme toujours, ses films sont inclassables, difficiles à raconter car il y a beaucoup de digressions et d'originalité. Ce sont des comédies burlesques et surprenantes qui ont une place à part et flirtent par moment avec le drame. Ce film est d’ailleurs inspiré des romans de Stephan Zweig. Il a reçu le Grand Prix du Jury au festival de Berlin.

13 mars 2014

Galerie Iconoclastes

 

La Galerie Iconoclastes, située dans le quartier de l'Opéra, propose jusqu'au 6 avril une exposition de photographies en noir et blanc de Vincent Peters.
Ces portraits du photographe allemand sont très esthétiques et glamour.
On peut y voir notamment des tirages de Monica Bellucci, Vincent Cassel, Emma Watson, Laetitia Casta, Charlize Theron, Michael Fassbender, David Beckham, ...

Son site Internet est très riche et propose un aperçu de son style : http://www.vincentpetersphotography.com/

26 février 2014

De gros dossiers



Félix est un glandeur professionnel. Tout se passe au mieux pour lui jusqu’au jour où débarque dans son entreprise une fille qui a pour mission de traquer les tire au flanc et dégraisser les effectifs. Or, c'est la fille dont il était amoureux au lycée.
Les quiproquos vont s'enchainer, d'autant plus que Toby, un stagiaire un peu long à la détente, va y être mêlé ...

La pièce de et avec Matthieu Burnel (qui joue le rôle de Toby) tient toutes ses promesses : le rythme est effréné, la petite salle de théâtre du Mélo d'Amélie se remplit de fous rires de plus en plus fréquents, les trois acteurs remplissent leur rôle avec conviction et énergie.
A voir pour passer un bon moment de pure comédie !

13 février 2014

Yves Saint Laurent


Jalil Lespert a sorti sa vision d'Yves Saint Laurent le 8 janvier 2014 au cinéma.
Le film débute à Oran. A seulement 21 ans, Yves Saint Laurent va travailler chez Christian Dior à Paris. Il va rapidement ensuite diriger la création de sa propre maison de couture.

Ce qui est impressionnant dans ce film c'est la façon avec laquelle Pierre Niney incarne le célèbre couturier. Dès la première image, l'attitude et la voix sont troublantes.
L'acteur a beaucoup raconté pendant la promotion du film qu'il avait passé plusieurs mois à écouter et regarder des interviews d'Yves Saint Laurent pour s'imprégner de ses gestes et de ses intonations.
Du haut des ses 24 ans, l'acteur de la Comédie française relève le défi d'incarner YSL depuis ses débuts jusqu'au défilé de la collection des ballets russes en 1976.

C'est un créateur surdoué, qui aimait les "femmes longues", élégantes et avait le goût de la provocation, par exemple quand il a posé nu. C'était un grand timide qui était capable des plus grandes folies.
Le film revient aussi sur ses excès, addictions et maladies, il souffrait de troubles maniaco dépressifs.
Les costumes et décors dont le jardin Majorelle sont magnifiques.

Après le succès des "Garçons et Guillaume à table", Guillaume Gallienne, incarne Pierre Bergé, le grand amour d'YSL. L'acteur du français est décidément dans tous les bons plans du cinéma français !
Pierre Bergé a donné sa caution pour ce film et a prêté des robes d'origine, notamment pour le défilé des ballets russes.

Les seconds rôles féminins apportent beaucoup au film : Charlotte le Bon, l'ex mannequin, est Victoire, une amie d'YSL et première mannequin de la maison ; Laura Smet est Loulou de la Falaise ; quant à Marie de Villepin, elle est magnétique en Betty Catroux.

Un deuxième opus autour du créateur réalisé par Bertrand Bonello sortira le 1er octobre 2014 avec Gaspard Ulliel dans le rôle titre mais centré uniquement sur la période 1965-1976.

5 février 2014

Cartier


Le Grand Palais propose pour encore quelques jours une exposition sur Cartier qui revient sur le style de la maison de joaillerie ainsi que sur son histoire.
C'est l'occasion d'admirer des bagues, bracelets, tiares, colliers, broches, pendules et autres créations qui datent de 1880 environ jusqu'à nos jours.
On peut d'ailleurs contempler le diadème Halo que portait Kate Middleton lors de son mariage avec le prince William.
Beaucoup d'ambassadrices de la marque sont citées, parmi lesquelles la duchesse de Windsor, Elizabeth Taylor, Grace de Monaco, ...
Parmi les créations, on trouve beaucoup de bestiaires dont les fameuses panthères. Leur création a débuté en 1915.
Les salles du Grand Palais sont habillées au plafond d'éclairages représentant les bijoux, le rendu est réussi et rend l'espace assez sombre plus chaleureux.
Les visiteurs - essentiellement féminins - ne peuvent s'empêcher de commenter les vitrines et de se dire qu'elles auraient du mal à porter tel ou tel bijou dans la vie de tous les jours !