13 novembre 2016

Snowden


Snowden
est un film d'Oliver Stone avec Joseph Gordon-Levitt dans le rôle titre. Le film commence en juin 2013, à Hong-Kong, alors qu'Edward Snowden est confiné dans une chambre d'hôtel avec des journalistes de
The Guardian et cameraman de confiance. On se situe avant la révélation au grand public de ses découvertes sur les écoutes de masse des citoyens américains par la CIA et la NSA.

Les flashbacks commencent en 2004 et suvent l'ordre chronologique, depuis ses entretiens d’embauche dans ces agences gouvernementales, alors qu'il est autodidacte. Le film progresse en suivant la carrière d'Ed Snowden, à la CIA puis à la NSA, salarié ou contractuel, sur différents sites, aux Etats-Unis ou à l'étranger.

Snowden est présenté comme un être brillant, honnête et patriote. Le portrait de ce lanceur d'alerte est à sens unique. L'élection d'Obama en novembre 2008 sera source d'espoir puis de désillusion. L'acteur principal a modifié sa voix et son look pour être plus proche du personnage éponyme. Son couple avec Lindsay Mills, incarnée par Shailene Woodley, tient une grande place dans le film.

Melissa Leo est excellente dans le rôle de Laura Poitras, une journaliste et réalisatrice qui accompagne Snowden. Le casting est d'ailleurs incroyable, avec des acteurs connus et reconnus même dans des rôles secondaires. Par exemple, Nicolas Cage incarne un professeur à la CIA, présent dans deux ou trois scènes uniquement. On peut citer les acteurs Rhys Ifans, Tom Wilkinson, Zachary Quinto, Timothy Olyphant, Scott Eastwood...

Oliver Stone, réalisateur expérimenté, est coutumier des biopics : après JFK en 1991, Nixon en 1995 et W en 2008, c'est son quatrième. J'ai beaucoup aimé l'ingéniosité dont Snowden a fait preuve pour sortir les données classifiées du site d'Hawaï. La scène, pleine de tension, est palpitante. D'autre part, le final du film avec le vrai Snowden est réussie. Globalement, c'est un film efficace mais ce n'est pas son meilleur biopic selon moi. Je trouve qu'il manque un souffle dans la durée, la seconde partie est plus réussie que le début du film.
 

6 novembre 2016

Coluche


L'exposition Coluche à l'Hôtel de Ville de Paris permet de redécouvrir toutes les facettes de ce personnage multiple à la fois clown, provocateur, engagé et humaniste.

L’exposition commence avec la moto qui a lui a permis de battre le record du monde du kilomètre lancé en 1985. On revient également en images sur son mariage avec Thierry Le Luron la même année.
Coluche était un homme de radio (extraits d'émissions sur Europe 1) mais aussi de télévision (visionnage de sketchs cultes ou moins connus, présence de la chaise de bébé de l'émission Le jeu de la vérité de Patrick Sabatier). Des costumes sont également visibles : la fameuse salopette rayée, un tutu de danse, etc.
Un auditorium nous permet de revoir des extraits de films : Banzaï, L'inspecteur la Bavure, Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, Le chevalier blanc avec Gérard Lanvin, Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine qu'il a réalisé, ...
Son engagement politique auprès des Restos du cœur est présenté, la lutte contre le racisme (Touche pas à mon pote) et surtout la Campagne présidentielle Coluche président avec l'affiche jaune et son appel à la population.
Des photos personnelles avec sa bande de potes sont affichées. C'est un art qu'il affectionnait particulièrement puisqu'il disait "Comme un sketch, la photo est instantanée". On y retrouve également des portraits émouvants.
Côté récompenses, on peut admirer son César de 1984 pour Tchao Pantin de Claude Berri - la même année Isabelle Adjani était récompensée pour L'été meurtrier - et sa décoration de Chevalier de l'ordre des arts et des lettres.
Des citations pleine d'humour sont distillées : "J'ai tout piqué à Liz Taylor", "Il faut se méfier des comiques parce que quelque fois, ils disent des choses pour plaisanter", ou encore "La grossièreté vise à choquer ceux qui n'en rient pas, pour faire rire deux fois plus les autres".
Ctait également un musicien accompli. Des éléments biographiques clôturent la visite, de sa naissance en 1944 et son enfance à Montrouge, à son décès en moto en 1986 avec un accident de camion, alors qu'il n'avait pas 42 ans.

Exposition gratuite à voir du lundi au samedi, jusqu'au 7 janvier 2017
 

29 octobre 2016

Juste la fin du monde


Juste la fin du monde de Xavier Dolan a obtenu le Grand Prix au festival de Cannes. Après Mommy, Xavier Dolan signe un nouveau drame à partir de l'adaptation d'une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce. Après douze ans d'absence, par un dimanche de canicule, Louis, auteur reconnu, rend visite à sa famille pour leur faire une annonce...

Ce film réunit un casting 5 étoiles :
- Louis/Gaspard Ulliel, qui n'avait pas tourné depuis Saint Laurent de Bertrand Bonello. Ses tête-à-tête avec les différents membres de sa famille font avancer l'intrigue du film ;
- Martine/Nathalie Baye, la mère, un peu paumée et maquillée comme une voiture volée ;
- Antoine/Vincent Cassel, l'aîné, brutal en apparence ;
- Catherine/Marion Cotillard, la femme d'Antoine, qui n'a jamais encore rencontré Louis. Son personnage m'a fait penser à celui de Yolande jouée par Catherine Frot dans Un air de famille de Cédric Klapisch ;
- Suzanne/Léa Seydoux, la cadette rebelle qui tournait en parallèle Spectre, le dernier James Bond.

C'est un film qui divise : deux spectateurs ont quitté la projection après 30 minutes. Personnellement, j'ai moins aimé que le précédent opus mais je trouve que c'est une véritable prouesse de concentrer autant d'émotions et de tensions en 1h35. J'avais les larmes au bord des yeux quand les lumières se sont rallumées.

A noter que la musique n'est pas signée par Xavier Dolan mais du compositeur Gabriel Yared. On y retrouve notamment Miss you de Blink-182, Dragosteo Din Tei d'O-zone, ou Natural Blues de Moby à la fin du film. Elle joue une nouvelle fois un rôle important par l'art de faire redécouvrir des chansons et leurs paroles.

22 octobre 2016

One Bedroom Hotel On The Moon


Après une exposition très réussie sur Cédric Klapisch, la Galerie Cinéma - l'une des mes galeries préférées avec la Galerie de l'Instant - propose la première exposition à Paris de Charlotte Le Bon intitulée One Bedroom Hotel On The Moon.

Le titre traduit toute la fantaisie de cette talentueuse quécoise, ex mannequin, ex miss météo, dont la carrière au cinéma décolle avec de nombreux tournages et films à venir.

Voici quelques unes de ses créations

 
 

L'homme à la tête de cœur ("heart-headed man") est un personnage qu'elle a créé il y a plusieurs années.


Elle souhaite montrer ci-dessus qu'il peut résulter une création belle et harmonieuse de la répétition de symboles moches et sans intérêt.


Son univers plein de poésie, m'a particulièrement touché. C'est drôle et cela ne se prend pas au sérieux.

Un (très) court-métrage décalé, qu'elle a réalisé, conclut la visite.

Courez dans le Marais, dans la galerie dirigée par Anne-Dominique Toussaint, voir cette charmante exposition avant le 5 novembre.

16 octobre 2016

Frantz


Frantz est un drame de François Ozon dont l'action est situé après la première guerre mondiale.
En 1919, Anna se rend sur la tombe de Frantz, son fiancé, un soldat allemand tué à la guerre. Elle découvre que celle-ci a été fleurie par un français prénommé Adrien. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ce jeune homme...

C'est un film élégant et pudique qui met en valeur ces deux interprètes principaux : Pierre Niney est magistral dans le rôle d'Adrien pour lequel il a appris l'allemand et le violon ; tout comme Paula Beer qui est mise en valeur dans la seconde partie du film, beaucoup l'ont comparé à une future Romy Schneider par sa grâce et sa présence magnétique.

Frantz est un film tourné en noir et blanc, à l’exception de quelques scènes qui sont en couleurs, quand elles se réfèrent à des souvenirs ou à des moments liés à Frantz. 

Le film est surprenant dans le déroulement du récit et c'est peut-être à cela que l'on reconnait la patte du réalisateur de films singuliers, qui me plaisent souvent, comme Jeune & Jolie ou Swimming pool. La bande-annonce, que j'avais vue une seule fois avant d'aller voir le film, m'avait orienté sur une mauvaise piste, mais c'est avant tout un film sur la recherche de la vérité.
 
Enfin, voici une anecdote narrée par François Ozon en interview : "Frantz" s'écrit en allemand "Franz" sans t. L'erreur initiale dans son scénario a été conservée, en hommage à ce film situé à la fois en Allemagne et en France.
  

5 octobre 2016

MMM


J'ai eu la chance d'être conviée au vernissage de MMM à la Philharmonie, une exposition photo en musique, née de la rencontre entre le musicien Matthieu Chedid - alias M - et le photographe britannique Martin Parr.

Les visiteurs peuvent contempler des diaporamas photos thématiques sur des transats*, voire s'allonger sur des fauteuils très confortables pour s'immerger dans l'ambiance sonore et s'y fondre.
La scénographie est réussie : des mots clés liés à la musique sont inscrits en lumière néon (synthétiseur, percussion, piano...). On peut aussi admirer une enfilade de photos noir et blanc en plus petit format.

J'aime l'humour qui se dégage des photos de Martin Parr. Par exemple, les titres des diaporamas sont plein d'ironie : plein/busy où l'on peut voir notamment les fameux clichés de piscines bondées en Asie, ou
appareil photo/camera qui permet de nombreuses mises en abyme humoristiques. Ses photos mettent en exergue les artifices et la dérision propres à l'être humain.

On peut découvrir à l'aide de casques audio disposés dans une alcôve des interviews croisées très intéressantes entre M et Martin Parr : le photographe déclare qu'il ne faut pas trop expliquer l'art ; tandis que le musicien imagine, pour décrire l’œuvre de Martin Parr, une ambiance sonore de la vie réelle et du quotidien, plutôt qu'une mélodie.

Une expo à voir jusqu'au 29 janvier 2017.

* Les transats (très réussis) avec toiles imprimées de photographies de Martin Parr sont vendus 350 € pièce... En voici 2 exemples !

  

26 septembre 2016

14 000 raisons d'être heureux


Pour le 150e article de mon blog, voici un feel-good book pour la rentrée : 14 000 raisons d'être heureux de Barbara Ann Kipfer, à la fois lexicographe, docteur en linguistique et en archéologie et professeur de méditation.

A la manière de La première gorgée de bière de Philippe Delerm en version XXL, ce livre compile 14 000 petits bonheurs : en un mot ou un une phrase, sont décrits des situations, produits, objets, moments... qui font écho à nos souvenirs personnels et font mouche.
Les raisons d'être heureux s’enchaînent, sans aucun lien, et ce fouillis apparent est finalement assez réjouissant, agrémenté de dessins de Pierre Le Tan.

Dans cet inventaire à la Prévert, je peux citer par exemple :

- quand votre rue est déneigée
- des cours gratuits en ligne, sur pratiquement tous les sujets possibles
- un arc-en-ciel visible d'un bout à l'autre
- la piscine de l'hôtel 
- donner le bon exemple
- les chaussures de bébé 
- du coulis de fruits rouges sur votre glace préférée
- le jeu du petit bac - trouver dans diverses catégories plusieurs mots commençant par la même lettre
- prendre son temps
- les Bisounours
... et 13 990 autres, il y a tellement d'entrées possibles !

A conserver sur sa table de nuit et à feuilleter avant d'aller dormir, tout en pensant à ses 3 kifs de la journée passée.

18 septembre 2016

Un petit boulot


Un petit boulot est le dernier film du regretté Pascal Chaumeil, réalisateur du film à succès de 2010 L'Arnacœur, avec Romain Duris et Vanessa Paradis, et de l'inégal Un plan parfait, avec Dany Boon et Diane Kruger.

Au début du film cela ne va pas fort pour Jacques Corsan alias Romain Duris : l'usine où il travaillait a fermé, sa copine l'a quitté, il a du mal à joindre les deux bouts. Gardot (Michel Blanc), un homme véreux de la région, lui propose alors une belle somme d'argent pour tuer sa femme qui lui est infidèle. Jacques accepte et saisit cette opportunité unique de renflouer son compte en banque, mais un engrenage de meurtres va s'enclencher...

Michel Blanc signe scénario, adaptation et dialogues de cette comédie à l'humour noir. Romain Duris est impeccable dans un rôle de tueur à gage qui n'a pas le profil type de la profession : on est loin du professionnalisme de on ! Les autres acteurs apportent beaucoup au film : la toujours lumineuse Alice Belaïdi, Alex Lutz dans un rôle à contre-emploi d'inspecteur de la station service dirigée par le touchant Gustave Kerven, ainsi que Charlie Dupont qui joue Jeff l'ami de longue date de Jacques.

C'est comme si les frères Coen (époque Fargo) avaient rencontré la folie douce belge de Dikkenek : un mélange détonnant ! Ce film est certainement perfectible mais il se distingue par sa singularité, ses dialogues ciselés et son rythme enlevé. C'est suffisamment rare pour une comédie française pour le souligner.
 

11 septembre 2016

Nerve



Nerve est un film signé d'un duo de jeunes réalisateurs, Ariel Schulman & Henry Joost.

Nerve désigne un jeu en ligne qui fait fureur auprès des jeunes. Le principe : des défis sont lancés par l'ensemble des "watchers" (ceux qui regardent le jeu sur leurs smartphones et tablettes) aux "players" (acteurs du jeu), qui tentent de les relever, leur niveau allant crescendo. Un player ne peut refuser un défi, sinon il est éliminé, tout comme en cas d'échec.

Venus, alias Vee (Emma Roberts), est une ado réservée. Contre toute attente, elle s’inscrit comme player dans Nerve. Elle se prend vite au jeu et va faire équipe avec Ian (Dave Franco), un joueur classé dans le Top 10.
Les règles du jeu recèlent de dangereuses limites : les informations personnelles des players, compilées à partir de leurs profils en ligne sur les réseaux sociaux, sont analysées par les concepteurs de Nerve et utilisées contre eux. Ce jeu s'avère être plus dangereux que prévu...

Emma Roberts et Dave Franco sont deux acteurs chamants et assez convaincants. C'est un bon film estival, très rythmé, à destination d'une cible jeune. C'est dans l'ère du temps, la mise en scène visuelle des réseaux sociaux dans un habillage ludique et coloré est réussie. Un divertissement honorable, dont l'action se situe au cœur de New York City.