16 octobre 2026

Moulin


Moulin est un drame historique de László Nemes avec Gilles Lellouche dans le rôle titre. 

En 1943, Jean Moulin, chef de la résistance, de retour de Londres, se rend à Lyon sous l'identité de Jacques Martel. Il est arrêté puis interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo. Un duel de plusieurs jours s'amorce... 

Après les deux volets de La bataille de Gaulle qui abordait de façon spectaculaire la seconde guerre mondiale, Gilles Lellouche joue ici de façon épurée, dans la simplicité. Il est de presque de tous les plans, le film repose sur ses épaules. Il a vu beaucoup de documentaires en amont, s'est plongé dans le destin de cet homme ordinaire à la destinée extraordinaire. C'était à ses yeux une joie de découvrir le scénario, mais également une souffrance en terme de responsabilités, c'était vertigineux. En effet, Alain Goldman produit ici le premier film de cinéma centré sur Jean Moulin qui rend hommage à son combat.
J'apprécie de voir Gilles Lellouche en tant qu'acteur (après La vénus électrique et Le crime du 3e étage en 2026, Chien 51 en 2025), tout autant qu'avec sa casquette de réalisateur (L'amour ouf en 2024, Le grand bain, Narco).

L'acteur allemand Lars Eidinger incarne de façon magistrale Klaus Barbie. Il n'y aurait pas de grande performance de Gilles Lellouche sans lui en face pour donner du relief à ce duel. Il veut faire parler à tout prix celui qu'il soupçonne d'être Max, le chef de la résistance française. Le film montre des violences psychologique et physique. La torture est parfois suggérée. "Il mourra quand je l'autoriserai" dixit Klaus Barbie. Lars Eidinger ne parlait pas français au moment du tournage : il a appris ses répliques en phonétique. C'est impressionnant au vu de l'intensité de son jeu ! 

László Nemes, pour sa cinquième réalisation, filme de manière immersive les dix derniers jours à Lyon de Jean Moulin. Il ne voulait surtout pas en faire un biopic. Ces jours sont les moins bien documentés, cela laisse de la place pour la fiction, mais donne aussi le sens des responsabilités.
Pour Olivier Demangel, le scénariste, l'enjeu était de trouver comment raconter l'histoire d'un homme qui ne parle pas, qui tient parce qu'il est faillible.

Félix Lefebvre, toujours excellent, joue le rôle du prisonnier Martin, tandis que Louise Bourgoin incarne la comtesse de Forez, un personnage fictionnel. 

Ce film a été présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes.

Un film très réussi, sombre et tout en sobriété, à voir au cinéma dès le 28 octobre.

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