L'attachement est un film de Carine Tardieu, avec notamment Valeria Bruni Tedeschi, Pio Marmaï et Vimala Pons.
La réalisatrice Carine Tardieu a librement adapté le livre L'intimité d'Alice Ferney : elle a expliqué, lors de l'avant-première à laquelle j'ai assistée, qu'elle n'avait conservé qu'une partie du livre et écarté du scénario du film le sujet des violences obstétriques qui est très présent dans l'ouvrage.
C'est ici son cinquième long métrage après La tête de maman avec Karin Viard, Du vent dans mes mollets avec Agnès Jaoui, Otez-moi d'un doute (comédie réussie avec Cécile de France & François Damiens) et le récent Les jeunes amants sur la romance entre Fanny Ardant & Melvil Poupaud.
Sandra (Valeria Bruni Tedeschi) vit seule, elle n'a pas eu d'enfant. Elle dirige une librairie féministe en ville. Un matin, son voisin Alex (Pio Marmaï) et sa compagne Cécile sur le point d'accoucher lui confient leur fils Elliot avant de partir en urgence à la maternité. Sandra accepte à contre-cœur, placée devant le fait accompli. Quelques heures plus tard, la petite Lucille naît, mais Cécile meurt en couches. Alex retrouve Elliot chez Sandra et lui partage sa détresse. Des rapprochements entre Sandra & Eliott, puis entre Sandra & Alex, vont s'opérer...
Valeria Bruni Tedeschi joue le rôle Sandra, une quinqua aussi "indépendante que des chiottes sur le palier" dixit Alex ! La réalisatrice a réussi à "canaliser son côté clown", elle souhaitait voir à l'écran une femme posée, voire distante. J'ai pris plaisir à assister à la naissance de la relation entre Sandra et Elliot : la première fois qu'il débarque chez elle et s'impose sans invitation, qu'il l'enlace, et apprécier sa réaction à elle mi-surprise mi-gênée. Petit à petit, elle va rechercher les contacts physiques entre eux. L'évolution de cette relation, puis de celle entre Sandra et Alex, est très intéressante à suivre, portée par une réelle complicité entre les acteurs principaux.
Pio Marmaï nous a confiés que c'était un rôle à part pour lui, "gonflé d'émotions", davantage dans la simplicité, au plus près des sentiments. Il aimerait en tourner davantage dans ce style, mais pas seulement. La scène au début du film où il annonce à Sandra la mort de sa compagne est bouleversante, il est dans un état second.
Sa relation avec Eliott est très singulière et très émouvante. Lors d'une dispute, Alex crie à Elliot : "Je t'aime comme un fils, même si je ne suis pas ton père". Cette déclaration d'amour atypique traduit la particularité de leur relation et met en lumière le trio formé avec David (Raphaël Quenard), l'ex-compagnon de Cécile et père (biologique) d'Elliot. C'est à la fois bancal, touchant et très contemporain. On découvre l'existence de ce lien biologique quand Eliott interroge Sandra sur l'amour de son père envers lui avec l'arrivée de sa petite sœur Lucille : "Est-ce qu'Alex l'aimera plus que moi ?", Sandra (qui a beaucoup de bon sens, même si elle n'est pas mère) lui répond : "Un père a de la place pour tous ses enfants". Elliot lui rétorque : "Sauf que je ne suis pas son enfant", ce qui était implicitement supposé en tant que spectateur.
Sa relation avec Eliott est très singulière et très émouvante. Lors d'une dispute, Alex crie à Elliot : "Je t'aime comme un fils, même si je ne suis pas ton père". Cette déclaration d'amour atypique traduit la particularité de leur relation et met en lumière le trio formé avec David (Raphaël Quenard), l'ex-compagnon de Cécile et père (biologique) d'Elliot. C'est à la fois bancal, touchant et très contemporain. On découvre l'existence de ce lien biologique quand Eliott interroge Sandra sur l'amour de son père envers lui avec l'arrivée de sa petite sœur Lucille : "Est-ce qu'Alex l'aimera plus que moi ?", Sandra (qui a beaucoup de bon sens, même si elle n'est pas mère) lui répond : "Un père a de la place pour tous ses enfants". Elliot lui rétorque : "Sauf que je ne suis pas son enfant", ce qui était implicitement supposé en tant que spectateur.
Le personnage d'Emilia (Vimala Pons), qui incarne un médecin, arrive un peu après dans la narration - une fois que le cadre entre voisins est posé - et elle y jouera un rôle majeur. L'actrice, tellement solaire, nous a partagés que "dans le deuil, on découvre la vie" et c'est aussi cela le thème du film. Son personnage suit une trajectoire personnelle : Emilia doit se faire une place, sa place au milieu de petits groupes déjà existants. Elle ne sait pas bien comment faire, elle tâtonne et fait des choix courageux.
Le jeune comédien César Botti qui incarne le petit Elliot est formidable, un trublion facétieux et très juste, qui (se) pose de nombreuses questions face aux bouleversements dans sa vie et son entourage.
J'ai repéré deux autres personnages féminins notables:
- la mère de Cécile (Catherine Mouchet) qui rappelle lors de ses interventions successives la perte de sa fille et le vide laissé, sans misérabilisme et avec une infinie douceur ;
- la mère de Cécile (Catherine Mouchet) qui rappelle lors de ses interventions successives la perte de sa fille et le vide laissé, sans misérabilisme et avec une infinie douceur ;
- Marie-Christine Barrault campe la mère de Sandra et de sa sœur Marianne (Florence Muller), dans une seule scène de dîner, auquel est également convié Alex, où les points de vue de femmes de différentes générations se confrontent avec drôlerie.
Qu'est ce que l'attachement ? C'est un lien, qui naît d'une relation spéciale, de l'amour parfois. Emilia croit en "l'ancienneté des liens" (plus ils sont anciens, plus ils sont forts), tandis que David "pourrait écrire une copie double sur ce sujet" (réplique à dire avec la verve habituelle de son interprète Raphaël Quenard). Il y a tellement de liens d'attachement différents dans ce film, montré sous des formes multiples, des attachements à deux, à trois, qui évoluent, se créent, se développent ou cessent.
C'est très bien dialogué, j'y ai été très sensible. Les répliques fusent : il y a des formules qui marquent ou qui font rire, par exemple quand Sandra & Alex s'engueulent et qu'il dit "Ma vie c'est un fagot de merde" et que finalement cela évolue en déclaration d'amitié, ou quand David interroge Sandra "toi, tu es du genre à boire mais à ne jamais être bourrée, non ?".
J'ai beaucoup aimé ce film, pour son casting attachant, ses dialogues ciselés, les thèmes abordés : il réussit à partir du deuil pour traiter de la vie, avec délicatesse (c'est l'avancée en âge de Lucille, bébé puis nourrisson, qui indique la temporalité dans l'histoire). Les vérités et les situations sont exprimées avec justesse, toutes les trajectoires des personnages qui se croisent et s'entremêlent m'ont touché. C'est mon film préféré de Carine Tardieu et certainement le rôle de Pio Marmaï qui m'a le plus bouleversé et attendri dans toute sa filmographie.
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