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25 septembre 2026
Primetime
20 septembre 2026
Garance
Garance est une comédie dramatique de Jeanne Herry avec Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau.
Garance (Adèle Exarchopoulos) est comédienne, un peu galérienne : elle est membre d'une troupe de théâtre et s'en sort en courant après les cachets. Elle vit avec Joachim, c'est elle qui tient la baraque et elle n'en peut plus de ses amis squatteurs. Elle a un problème avec l'alcool : elle boit tous les jours depuis ses 18 ans, elle ne sait pas faire sans. Jusqu'au jour où elle ne peut plus faire illusion auprès de ses proches et son équilibre précaire va vaciller puis s'effondrer...
Après Elle l'adore avec Sandrine Kiberlain et les films chorale Pupille et Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry fait le choix de se centrer sur le personnage unique de Garance, même si celle-ci est très entourée par ses collègues de la troupe, ses amis et sa famille.
Après L'amour ouf et Chien 51, Adèle Exarchopoulos tient le rôle éponyme. Elle a selon les scènes le visage bouffi, cerné, marqué par l'addiction. Elle est très crédible dans ce rôle d'une jeune femme de 36 ans qui expérimente l'alcool mondain mais boit également seule dès le matin. Elle traduit ses peurs, ses doutes et ses contradictions avec beaucoup de conviction.
J'ai bien aimé la rencontre avec Pauline, une scénographe incarnée par Sara Giraudeau, et voir évoluer leur relation, notamment pendant la période du confinement. Elle se montre très compréhensive et patiente, par exemple quand elle dit "On fait tous comme on peut". Leurs voix off mêlées qui commentent le passé amoureux de Garance dès le générique est une bonne idée de mise en scène.
C'est drôle par moment grâce aux dialogues ciselés qui font mouche, surtout via le franc-parler de Garance qui s'apparente à du culot : par exemple, quand elle s'adresse à un médecin qui fait jeune et demande à parler à un vrai médecin diplômé ! Elle conserve ce naturel quel que soit l'interlocuteur en face. On sourit également via les échanges entre Garance et Pauline ou les interactions entre Garance et ses amis de soirée.
La relation entre Garance et sa sœur Charlotte est très franche, la comédienne Mathilde Roehrich est très touchante.
L'addictologue femme est formidable, elle s'adresse à Garance avec beaucoup de franchise, n'élude aucun aspect de cette maladie. Un autre médecin assène à Garance : "L'alcool c'est une béquille le soir et c'est un coup de poing dans la tête le lendemain matin". Jeanne Herry s'est inspirée du parcours d'une jeune femme et de son addiction à l'alcool, puis elle a fait relire son scénario à des addictologues qui ont joué le rôle d'expert. C'est pour cela que toutes les scènes médicales (consultations et sevrage) semblent très réalistes et très justes.
C'est un film très réussi qui sort au cinéma le 23 septembre 2026, à voir pour la performance d'Adèle Exarchopoulos qui tient le film de bout en bout.
17 septembre 2026
Si tu penses bien
Si tu penses bien est un film de Géraldine Nakache, avec Monia Chokri et Niels Schneider.
Gil (Monia Chokri) et Jacques (Niels Schneider) se rencontrent à Dubaï après avoir chacun de leur côté perdu quelqu'un de proche. Gil tombe rapidement enceinte, Jacques la convainc de le garder et il se marient dans la foulée. Peu à peu, leur relation va se dégrader, Gil subissant les accès de colère de Jacques...
Ce film traite du thème de l'emprise au sein d'un couple, sur une période de six années qui ne sont pas abordées de façon linéaire.
C'est le quatrième film de la réalisatrice, après trois comédies : Tout ce qui brille, Nous York, J'irai où tu iras. Dans ce drame, il y a peu de musique et les personnages principaux sont souvent filmés en plan rapproché.
La religion juive tient une place importante dans la narration, tout d'abord dans la choix du titre qui fait référence au précepte "si tu penses bien, tout ira bien". Il y a également les nombreux mikveh (bassin d'eau pour la purification spirituelle) auxquels Gil consent, la mezouzah à l'entrée de la maison et la présence de rabbins qui expliquent notamment que tout le monde a plusieurs visages.
Il y a peu de personnages secondaires, certainement parce que Gil est de plus en plus isolée. C'est Clémentine Célarié qui incarne la mère de Gil avec beaucoup de justesse.
Cela m'a fait penser au film Mon roi de Maïwenn avec Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel, sorti en 2015.
A l'avant-première à laquelle j'ai assisté une association distribuait à propos des violentomètres, un outil pour graduer les violences faites aux femmes de façon très concrète.
Ce film a été présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2026. Monia Chokri a reçu le prix de la meilleure actrice au Festival d'Angoulême. Niels Schneider aurait également mérité un prix pour son interprétation dans ce film.
1h34 de narration sans temps mort, d'une descente aux enfers qui va crescendo, traitée avec beaucoup de sensibilité et de réalisme.


