1580, en Angleterre. Agnès (Jessie Buckley), fille d'une sorcière de la forêt, accompagnée de son faucon, croise la route de William (Paul Mescal). Il la charme en lui narrant le mythe d'Orphée et d'Eurydice. Ils se marient rapidement, sans l'approbation de sa famille, et fondent une famille. Leur chemin commun va être tortueux, semé d'épreuves, la carrière de William connaissant de plus en plus de succès, tandis qu'Agnès est demeurée dans la campagne britannique...
Hamnet et Hamlet sont deux prénoms britanniques voisins, usités indifféremment à l'époque.
Jessie Buckley est la vraie révélation de ce film et le rôle principal. Âgée de 36 ans, cette actrice et chanteuse irlandaise a déjà marqué les esprits des cinéphiles. Je l'ai personnellement repérée dans le film Wicked little letters (Scandaleusement vôtre en version française), avec la facétieuse Olivia Colman. Elle a notamment joué dans la série Fargo.
Auréolée du Golden Globes de la meilleure actrice pour ce rôle il y a quelques jours seulement, elle est la grande favorite dans la course aux Oscars. Elle exprime ici toute une palette d'émotions avec un naturel désarmant et convaincant. Elle m'a bouleversée à maintes reprises et cela va crescendo au fil du film.
Elle sera en mars l'héroïne de The Bride! de Maggie Gyllenhaal : j'ai extrêmement hâte de la voir de ce rôle de la fiancée de Frankenstein, dans un film d'épouvante-horreur qui a l'air totalement déjanté.
Paul Mescal, toujours complexe, à savoir solide et sensible à la fois, incarne un William Shakespeare novice en littérature et en amour. Je l'ai adoré dans la série Normal people diffusée sur la BBC puis sur France Télévisions, avec la sémillante Daisy Edgar-Jones, et il m'a émue plus récemment dans le film Sans jamais nous connaître.
Le reste du casting est formidable notamment Emily Watson, Joe Alwyn et tous les enfants acteurs.
Les ellipses sont nombreuses et ne perturbent jamais la bonne compréhension de l'histoire. Elle permettent, à l'inverse, de suivre l'évolution des personnages sur une plus longue période et de s'y attacher encore davantage.
L'histoire convoque le mythe de la sorcière, popularisé en France par Mona Chollet et son livre Sorcières : la puissance invaincue des femmes publié pour la première fois en 2018.
Elle traite surtout de pertes, de familles, d'amour, de la beauté de la nature et de l'art, des priorités personnelles et de résilience.
Le film est co-produit par Sam Mendes (qui va d'ailleurs faire tourner Paul Mescal dans quatre biopics sur les Beatles - sorties prévues en 2028) et Steven Spielberg (dont le film de science-fiction Disclosure day avec Emily Blunt sortira en juin prochain).
Cela m'a tellement donné envie de relire des romans de William Shakespeare, Songe d'une nuit d'été et Roméo et Juliette en priorité, pourquoi pas en version originale.
C'est un film bouleversant (je vous conseille de préparer vos mouchoirs avant de vous rendre au cinéma), très actuel (les thèmes abordés au 16e siècle sont toujours contemporains) et de toute beauté (la nature est sublimée sous la caméra de Chloé Zhao tout comme l'était, dans un autre registre, Nomadland de la même réalisatrice (sorti en 2021 en France) avec la fabuleuse Frances McDormand. Ce film avait raflé de nombreux prix (Lion d'Or à la Mostra de Venise, Oscars multiples, etc.).
Je souhaite la même destinée à Hamnet : je suis prête à parier que Jessie Buckley aura l'Oscar de la meilleure actrice le 16 mars prochain et j'espère que celui de la meilleure réalisation reviendra à sa metteuse en scène chinoise Chloé Zhao.